FONDS NATIONAL DE L’ÉDUCATION: L’ISC S’INQUIÈTE

LE RESPONSABLE DE L’INITIATIVE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE (ISC), ROSNY DESROCHES SINQUIÈTE DU MODE DE FINANCEMENT ET DE L’ORIENTATION QUE PREND LE FONDS NATIONAL DE L’ÉDUCATION (FNE)

« L’orientation que prend ce Fonds nous inquiète en tant que citoyen, car elle va dans le sens de la concentration des pouvoirs aux mains de l’Exécutif, de l’affaiblissement du Ministère et de la négation des principes démocratiques de participation, de contrôle, de transparence, d’équilibre des pouvoirs. […] »

Extraits du discours de Rosny Desroches à l’occasion de la 3ième Rencontre sur le Suivi du Budget National

« […] je voudrais consacrer l’essentiel de mes propos à la grande nouveauté qui caractérise aujourd’hui l’action du Ministère de l’Éducation Nationale, le PSUGO, le Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire. …Avec l’initiative du PSUGO où 164,000 élèves sur les 500,000, qui étaient en dehors du système ont été intégrés, où plus de 430,000 élèves du secteur privé ont bénéficié d’une subvention de 3,600 gourdes par an où les frais scolaires ont été supprimés dans les écoles publiques, le système éducatif haïtien vient de franchir un Rubicon.

Socialement et politiquement, il ne sera plus possible de faire marche arrière. Tous les futurs gouvernements devront travailler avec célérité pour satisfaire l’obligation constitutionnelle de la scolarisation universelle, de l’école disponible pour tous les enfants haïtiens d’âge scolaire […]

Cependant, nous devons être conscients que ceci va coûter cher. Nous avons fait un calcul selon lequel l’opération pour cette année va coûter 52 millions de dollars américains. L’année prochaine, il faudra 94 millions, la 3ième année : 120 millions et la 4ième année 124 millions de dollars américains- Soit près de 400 millions pour les 4 ans. Car chaque année, il faudra inclure une nouvelle cohorte, inclure les 300,000 enfants qui sont encore en dehors du système. Est-ce que le Fonds National d’Éducation pourra générer tout cet argent ? Est-ce que l’International pourra augmenter substantiellement sa contribution à l’éducation en Haïti ? Est-ce que l’économie haïtienne connaitra une croissance telle, pour lui permettre de faire face à cette dépense sans négliger les autres secteurs clés ?. Ce sont autant de questions auxquelles les Ministères des Finances et de l’Éducation devront répondre en présentant à la nation un nouveau plan opérationnel aussi rigoureux que celui qui a été élaboré après le séisme.

Au sujet du financement du processus, permettez-moi, Monsieur le Ministre , d’exprimer une inquiétude. L’un des constats que nous avons fait en examinant le budget qui vient d’être voté par le Parlement, c’est que le budget de l’Institut National de Formation Professionnelle, INFP, a été réduit substantiellement cette année. Or si on veut accroitre la production nationale, imprimer à notre économie une croissance qui lui permette de faire face à ses dépenses en matière d’éducation, il faudrait au contraire accorder une place de choix à la formation professionnelle.

Une seconde inquiétude que nous voulons exprimer concerne le projet de Loi du Fonds National d’Éducation. Nous craignons fortement que ce Fonds National d’Éducation tel que conçu par le Projet de Loi ne devienne un concurrent pour le Ministère que vous dirigez et n’affaiblisse encore davantage le Ministère de l’Éducation déjà écartelée par les exigences souvent divergentes en matière de procédures et de gestion de projets, imposées par une grande diversité de bailleurs. En effet, ce fonds ne se contentera pas de verser les montants mobilisés, au budget de l’éducation nationale. Il aura son propre programme d’activités : incluant la prise en charge de frais de scolarité, construction d’infrastructures scolaires, de mobiliers scolaires, achat de matériels didactiques et j’en passe. Sans compter que ce fonds qui jouira d’une grande autonomie administrative sera alimenté non seulement par les appels et transferts internationaux mais par des ressources provenant des casinos, des jeux de hasard, de l’importation des produits alimentaires, des entreprises de l’État et des banques.

En matière de gouvernance, le Conseil du Fonds sera formé de 4 Ministres et d’une personnalité nommée par le Président. Aucune participation du secteur non public de l’éducation qui fournit 85% des services dans le secteur. Aucun pouvoir de décision et de contrôle du Parlement.

L’orientation que prend ce Fonds nous inquiète en tant que citoyen, car elle va dans le sens de la concentration des pouvoirs aux mains de l’Exécutif, de l’affaiblissement du Ministère et de la négation des principes démocratiques de participation, de contrôle, de transparence, d’équilibre des pouvoirs. […] »

De plus, Rosny Desroches se dit inquiet de la présence dans le gouvernement Martelly-Lamothe, de personnes manquant d’expérience tant au niveau de l’administration publique que de la vie politique.


Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s