DÉPUTÉS À VENDRE – PRIX IMBATTABLES

A l’instigation de l’Exécutif, des Députés se préparent à désigner « deux conseillers électoraux »

Refusant de répondre à l’invitation du gouvernement, le Député Johnson Dieujuste dénonce un projet « inconstitutionnel » que s’apprêteraient à officialiser, en présence probablement du chef de l’Etat, des représentants de la Chambre basse disposés à annoncer, au Club Indigo, leur soutien à une désignation unilatérale de deux membres du CEP permanent.

 

De nombreux Députés s’apprêtaient, selon toute vraisemblance, à participer ce week-end au Club Indigo à une retraite organisée par l’administration Martelly en vue d’obtenir la désignation de deux autres membres du très contesté conseil électoral permanent, une initiative qualifiée d’inconstitutionnelle par des élus comme Johnson Dieujuste.

Le Député de Jean-Rabel (nord-ouest) a, en effet, annoncé vendredi avoir décliné une invitation du ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, qui souhaitait l’avoir également sur la Côte des arcadins (ouest). Ce dernier s’est employé ces derniers jours à dégager à la Chambre basse une « majorité fonctionnelle » capable de soutenir le projet présidentiel tout à fait contraire aux dispositions de la constitution amendée en vigueur.

Le Président Michel Martelly était, en principe, attendu à cette retraite très particulière.

Le Député Dieujuste rappelle qu’en son article 192 cette charte fondamentale stipule clairement que les deux Chambres réunies en assemblée nationale doivent choisir, à la majorité des deux tiers, les trois représentants du Parlement au CEP. Toute démarche qui va à l’encontre de cette procédure est « illégale et inconstitutionnelle », a poursuivi le parlementaire.

Il dit ne pas comprendre les motivations de l’Exécutif soucieux de mettre en place un organisme électoral vassalisé alors que parallèlement la situation économique et sociale de la population ne fait que s’aggraver avec notamment la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité, au cours des derniers mois.

De l’avis de Johnson Dieujuste, les principaux objectifs d’une rencontre aujourd’hui entre les pouvoirs d’Etat devraient être la gestion des dégâts causés par la sécheresse et le récent passage du cyclone Isaac ainsi que la rentrée des classes, début octobre, qui arrive dans contexte très difficile pour les parents.

Plusieurs Sénateurs ont dénoncé le projet de l’équipe au pouvoir d’accorder aux participants à la retraite, sous forme de prime, l’enveloppe de dix millions de gourdes réservée aux collectivités territoriales si les Députés de la « majorité fonctionnelle » acceptaient d’endosser la nomination de deux nouveaux conseillers électoraux.

Confronté à une vague de contestations depuis la désignation entachée de fraudes des trois représentants du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le CEP dit permanent qui en est encore à six membres -au lieu des neuf prévus par la constitution- annonce avoir engagé des discussions avec des partenaires nationaux dans la perspective de l’organisation des prochaines élections.

Des secteurs de l’opposition et de la société civile ont prévenu le chef de l’Etat, l’ancien chanteur Michel Martelly alias « Sweet Micky », qu’il risquait de courir à sa perte et de précipiter le pays dans une grave crise s’il persistait à reconnaître l’institution électorale dont la majorité des membres n’ont pratiquement aucune légitimité. spp/Radio Kiskeya

Une soixantaine de Députés forment un nouveau Bloc majoritaire présidentiel

Réunis dans un contexte de crise au Club Indigo en vue de donner, au cours d’une retraite spéciale, les coudées franches au pouvoir et d’entériner le projet du chef de l’Etat relatif à la désignation unilatérale de deux conseillers électoraux par la Chambre basse, les parlementaires ont signé un « pacte d’agrément » mais, resteraient accrochés à la procédure constitutionnelle en vigueur, sans, paradoxalement, évoquer avec l’Exécutif le dossier brûlant du CEP permanent ; la question de la fameuse prime de dix millions de gourdes n’aurait pas été, par ailleurs, à l’ordre du jour

Publié le samedi 15 septembre 2012

54 Députés ont pris part à la retraite de la Côte des arcadins où a été officialisée la constitution à la Chambre basse du Bloc majoritaire présidentiel qui, avec la bénédiction du Président Michel Martelly, s’est engagée à se mettre au service de l’Exécutif embarqué dans un processus controversé visant à compléter le conseil électoral permanent en butte à l’opposition farouche de parlementaires, de leaders politiques et de dirigeants de la société civile.

Selon le Député de Côtes de Fer (sud-est), Lesly Guirand, interrogé par Radio Kiskeya, les parlementaires présents vendredi et samedi au Club Indigo continueraient à défendre le principe selon lequel ce sont les deux Chambres réunies en assemblée nationale qui devraient, le cas échéant, désigner à la majorité des deux tiers, les trois conseillers électoraux manquants.

Selon divers parlementaires opposés au projet, l’objet initial de la réunion était justement de dégager une formule pour arriver à la sélection unilatérale par la Chambre basse de deux nouveaux membres d’un organisme électoral fortement contesté.

Cependant, M. Guirand, qui se dit conscient de la nécessité pour les acteurs concernés de trouver une issue à la crise actuelle, affirme que la vie chère et la rentrée scolaire étaient les thèmes de discussion prioritaires entre les parlementaires et plusieurs ministres qui participaient à la retraite. Autrement dit, le dossier du conseil électoral, pourtant au coeur de l’actualité, a été écarté. Par ailleurs, le Député soutient que pour les différents participants il n’a jamais été question de marchandage politique reposant sur l’attribution supposée à chacun des Députés d’une enveloppe de dix millions de gourdes. Il rappelle que ce montant correspondant à un fonds de soutien aux collectivités territoriales prévu dans le budget de l’exercice fiscal 2011-2012 reste à verser aux communes.

Pour sa part, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, a annoncé que chacune des deux parties devait rendre publique une déclaration après cette retraite qui, dit-il, visait à consolider une majorité déjà existante au Parlement et à construire un outil permettant au pouvoir d’aborder les grands problèmes nationaux.

Abondant dans le même sens que le Député Guirand, Théano explique que le processus de formation du CEP permanent n’était pas à l’ordre du jour, car, la priorité était accordée à d’autres dossiers tels les dégâts causés, le mois dernier, par le cyclone Isaac dans le monde rural, la réouverture des classes et la réalisation à la fin de l’année des élections sénatoriales, municipales et locales.

64 Députés avaient fait le déplacement et quatre aux autres avaient mandaté des collègues pour signer la déclaration du Club Indigo, a laissé entendre le ministre précise que le président de la Chambre des Députés, Levaillant Louis-Jeune, n’a pas été invité à ce conclave politique. La raison est simple, en raison de son statut, le représentant de la circonscription de Desdunes est appelé à se placer au-dessus de la mêlée en traitant avec équité la majorité et la minorité, conclut Ralph Théano.

Le nouveau bloc parlementaire présidentiel, qui détient la majorité des sièges à la Chambre basse, a à sa tête le Député de Croix-des-Bouquets/Thomazeau (ouest), Jean Tholbert Alexis, qui, en sa qualité de responsable des affaires politiques, travaillait à la formation d’un bureau provisoire.

Il était difficile de dire dans l’immédiat si la retraite avait permis au régime de Michel Martelly d’atteindre ses objectifs de normalisation de la situation du conseil électoral qui peine à surmonter son énorme déficit de légitimité et continue de représenter, pour une bonne partie de la classe politique et de la société civile, une dangereuse pierre d’achoppement susceptible d’entraîner le pays dans une crise majeure. spp/Radio Kiskeya

 http://www.radiokiskeya.com

Aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’un nouveau bloc parlementaire assujetti à M. Martelly dénommé « Parlementaires pour la Stabilité et le Progrès (PSP)» aurait été constitué. Il serait dirigé par un bureau de sept membres ainsi composé :

M. Jean Tholbert Alexis, Coordonnateur Général ;

M. Elie Blaise, Coordonnateur Administratif ;

Mme Ogline Pierre, Première Secrétaire ;

M. Astrel Dolné, Deuxième Secrétaire ;

M. Kenston Jean-Baptiste, Porte-Parole ;

M. Abel Descolines, Porte-Parole ;

M. Fritz Chéry, Porte-Parole

 

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