LE CARNAVAL DES FLEURS N’A PAS PRODUIT LES EFFETS ESCOMPTÉS

Haïti – Conjoncture : Un automne 2012 incertain

 par Ronald Colbert

P-au-P – Rien ne semble assuré en ce début d’automne 2012 dans la république caribéenne d’Haïti, observe l’agence en ligne AlterPresse.

La colère, qui gronde depuis quelques semaines, pourrait gagner en intensité face à l’absence de réponses institutionnelles aux revendications exprimées.

L’administration politique semble donner dans l’improvisation devant les expressions de mécontentement et de revendications contre la hausse du coût de la vie, contre l’insécurité et en faveur d’un accès véritable aux services publics de base.

Elle privilégie l’importation de riz (ce qui exige la sortie de devises) comme mesure de court terme à la cherté de la vie. Entre-temps, le quotidien de la population ne se résume pas à la consommation exclusive de riz importé.

Les promesses d’initiatives institutionnelles, en ce qui concerne les prix des haricots (pois), du maïs, de l’huile et de la farine, ne sont pas encore concrétisées. La commission dite de stabilisation des prix n’a pas, non plus, annoncé les réformes attendues.

Le ministre du commerce et de l’industrie, Wilson Laleau, a été contraint de se réfugier, le lundi 24 septembre 2012, dans un commissariat au Cap-Haïtien (deuxième ville du pays / Nord) pour échapper à une manifestation…

Patience… la situation est compliquée… des efforts sont déployés… sont les mots avancés par l’administration politique pour essayer de calmer la grogne en cours.

Il faut également des actions pertinentes dans la production agricole nationale, perturbée par le passage du cyclone Isaac le 24 août 2012 (16 mille hectares d’exploitations affectées). D’autant plus qu’une partie du pays a été touchée par une sécheresse de plus de 3 mois, sans aucune précipitation.

Mais, après plus de 16 mois de gestion, la perception ne correspond point du tout à la réalité.

Il y a plutôt des apparences de résultats tangibles qui restent au stade tout simplement de prédictions, avec une propagande orchestrée, par-ci par-là, avec des affiches et des slogans, autour de la personne du président, sans référence aux fonds publics versés par les contribuables.

La proposition de budget 2012-2013 a été différemment votée à la chambre des députés et au sénat.

Au lieu de convoquer, en session extraordinaire, la chambre des députés (en vacances depuis début septembre 2012), pour une analyse des changements apportés par les sénateurs, la présidence haïtienne a opté, avec l’aval de quelques sénateurs et députés, pour ce qu’elle qualifie d’ ”un budget 2012-2013 de consensus” sans aucune décision des assemblées des chambres haute et basse.

Ce qui entre dans la politique du “fait accompli”, initiée en 2011 par l’actuelle administration politique.

Il n’y a pas eu de consensus politique sur les amendements à la Constitution du 29 mars 1987.

En plus de l’absence de débats nationaux sur les articles proposés, de tels amendements dits “reproduits” n’ont pas été publiés dans le journal officiel de la république.

Joseph Michel Martelly a été investi président de la république sous l’empire de la Constitution de 1987. Maintenant, contrairement aux prescriptions de la charte fondamentale de 1987, il prétend appliquer les articles d’une des versions dites amendées.

Martelly tient à foncer, tête baissée, dans la mise en place d’un conseil électoral permanent, suivant les prévisions de la version dite “reproduite” de la Constitution de 1987.

Cette dernière, qui écarte toute implication des instances du pouvoir politique dans le choix des membres de l’organisme électoral, précise que l’administration, sous laquelle des amendements ont été faits, ne saurait nullement en profiter.

Aujourd’hui, le conseil supérieur du pouvoir judiciaire, discrédité par la désignation irrégulière de représentants au probable conseil électoral permanent, tente une parade pour reprendre le processus vicié par la décision de son président Anel Alexis Joseph, également président de la cour de cassation.

Joseph, qui est septuagénaire, aurait été nommé président de la cour de cassation en dehors d’une disposition de loi interdisant la nomination de juges ayant plus de 65 ans.

La reprise du processus de désignation des représentants du conseil supérieur du pouvoir judiciaire intervient après les remarques de la communauté internationale. Aucun cas n’a été fait de la dénonciation de voix nationales sur le mode de désignation des représentants du dit conseil.

Au Cap-Haïtien et aux Cayes (respectivement deuxième et troisième ville du pays), où ont eu lieu des manifestations hostiles au gouvernement, respectivement le vendredi 21 septembre et le jeudi 13 septembre 2012, des changements viennent d’être opérés dans l’administration publique, notamment dans les délégations qui sont les représentations de l’exécutif dans les départements.

Au lieu de septembre, la rentrée scolaire officielle est annoncée pour le lundi 1er octobre 2012 dans un contexte de marasme économique.

A l’exception du constat du replâtrage de différentes rues dans la zone métropolitaine de la capitale, il n’y a pas de transparence publique sur les revenus dégagés (selon ce qu’avait prédit le gouvernement) par les parents d’élèves durant le mois de scolarité perdue.

C’est une expectative, mêlée d’incertitude, sur les semaines à venir de l’automne 2012 en Haïti. [rc apr 26/09/2012 10:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article13457

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