LA RECONSTRUCTION : CYNISME ET GASPILLAGE !

Expo Habitat : exposition de gaspillage, de cynisme

Zoranje, HAÏTI – L’odeur et la vue qui accueille le visiteur à cette sinistre collection de plus de 60 maisons et édifices multicolores frise l’obscénité. Certaines maisons sont jonchées d’excréments humains, leurs salons et cuisines fraichement construits transformés en latrines publiques. Quelques-unes semblent occupées par des « squatters ». La peinture est écaillée. Les portes ont été extirpées des charnières. Les toilettes et les éviers, arrachés.

Ce modèle de maison construit par Perma Shelter, au-dessus, est converti en latrine commune, ci-dessous. Photo: AKJ/Milo Milfort

L’un des premiers projets de reconstruction haïtien à recevoir l’approbation, le financement et l’appui enthousiaste de l’ex-président Bill Clinton et sa fondation – soit plus de 2 millions $ US, de sources publiques et privées – est aujourd’hui qualifié de « farce », « un désastre » et de « gaspillage de fonds » par de nombreux participants et organisateurs.

 Des herbes folles poussent sur le site de l’Expo. Photo: AKJ/Jude Stanley Roy

Quatorze mois après l’inauguration de l’Expo Habitat, tout près de la capitale, par M. Clinton, la plupart des maisons modèles sont toujours vides. Plus d’une douzaine ont été sévèrement saccagées.

Plutôt que d’accueillir quelques-uns des 1,3 million de sans abri du séisme du 12 janvier 2012, le site de l’Expo sert aujourd’hui de pâturage aux chèvres, venues brouter l’herbe folle sur ces nombreux hectares, réhabilités au coût de 1,2 millions $ US.

« Toutes ces maisons avaient un garde de sécurité », annonce une femme qui accueille les visiteurs à l’entrée d’une petite maison jaune, construite par la RCI Systems du Colorado et qui se vend à 10 000 $ US. Un matelas défait traine au sol derrière elle. « Plusieurs gardes sont partis parce qu’ils n’avaient pas été payés. »

La cuisine d’un modèle. Photo: AKJ/Jude Stanley Roy

L’Expo est l’un des premiers projets de reconstruction à recevoir l’approbation de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), présidée par MM. Clinton et Jean Max Bellerive, l’ancien premier ministre d’Haïti. L’idée était de « mettre en évidence les pratiques optimales pour la reconstruction de logements en encourageant des idées innovatrices pour le secteur du logement haïtien » avec l’exposition et par la construction d’une « communauté exemplaire », d’après un document de la CIRH. Le projet a été également connu comme « Construire en mieux les communautés ».

La Fondation Clinton y a injecté 500 000 $ US; la Banque interaméricaine de développement (BID), un autre 1,2 millions $ US; puis la Deutsche Bank Foundation et les gouvernements britannique et haïtien y ont également contribué, selon les responsables du projet. Aussi, plus de 60 firmes de construction et d’architecture ont dépensé des milliers de dollars : préparation des plans, importation des matériaux, frais de douanes, participation aux conférences et construction des maisons modèles, qui appartiennent maintenant au gouvernement haïtien.

Quand M. Clinton et le Président Michel Martelly ont visité le site en juin 2011, l’ancien président étatsunien parlait aux journalistes d’un « nouveau début », et lorsqu’ils y sont revenus pour l’inauguration du 21 juillet 2011, Martelly affirmait que le projet « méritait notre admiration ».

C’est tout ce qu’a dit M. Martelly avant de commencer à vanter les mérites de « Kay pa m » (« Ma maison »), un nouveau programme d’hypothèque visant la minuscule classe moyenne haïtienne. Depuis, l’Expo est tombé dans l’oubli, tout comme les firmes d’architectes, les constructeurs, le site et les maisons elles-mêmes.

Qu’est-il arrivé au projet?

Là où certains organisateurs voyaient un succès, les architectes qui ont fourni ces maisons devenues des taudis y voient un échec total.

Pourquoi ces maisons sont-elles toujours vides, alors que 300 000 victimes du séisme sont toujours sans domicile?

À qui la responsabilité?

Ayiti Kale Je (AKJ) s’est adressé aux principaux intervenants du projet* et à de nombreux participants, pour découvrir que, comme disait un constructeur potentiel : « Haïti est un pays d’irresponsables. Tout le monde a été payé, tout le monde a travaillé, mais personne n’est responsable. »

Erreurs et gaspillage Expo-nentiels

Selon l’architecte Leslie Voltaire, l’un des instigateurs du projet, l’Expo a été conçue peu après le séisme, lors d’une rencontre à la maison de M. Clinton, dans Chappaqua, NY, USA. Le gouvernement allait tenir un concours et un forum, où les entrepreneurs locaux et étrangers proposeraient des solutions domiciliaires. Au terme, les maisons seraient transférées aux familles sans domicile, qui devraient les entretenir afin que les acheteurs, les agences humanitaires ou les constructeurs privés intéressés puissent les visiter en tout temps.

« C’était une situation gagnante-gagnante, affirme M. Voltaire en entrevue exclusive avec AKJ,  le constructeur fait un don, qui lui sert de modèle à faire visiter aux ONG. »

La firme d’architectes John McAslan and Partners s’est ajoutée au projet, qui allait bientôt inclure la « Communauté exemplaire », un village de 150 maisons construites à partir d’une maison modèle de l’Expo, choisie par un jury, et avec la planification environnementale, sociale et économique appropriée. Les écoles d’architecture et de planification de l’université Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) siégèrent au conseil, la Deutsche Bank Foundation injecta 50 000 $ et, le 17 aout 2010, la CIRH donna son feu vert.

Leslie Voltaire [à droite dans la photo, avec le premier ministre Jean Max Bellerive] dirigea le projet. McAslan lança la compétition, puis en transféra la responsabilité à une autre firme britannique. (Cette firme, Malcolm Reading, finit par se retirer du projet, parce qu’elle n’avait pas été payée ou qu’elle ne l’avait pas été suffisamment. La firme refusa nos nombreuses demandes d’interview.) M. Voltaire affirme avoir choisi le site avec M. John McAslan : le quartier Zoranje, qui se situe entre Cité Soleil et Croix des Bouquets. M. Voltaire le connait bien. C’est là qu’il avait conçu le projet domiciliaire Village Renaissance dans les années 1990.

La Banque Interaméricaine du Développement (BID) a offert de préparer le site, au cout de 1,2 millions $ US, parce qu’il a fallu remblayer au moins un mètre de gravier, selon l’urbaniste Arcindo Santos, de la BID.

« La zone est située en niveau réellement bas, vous devez donc la remblayer d’au moins un mètre. Et chaque mètre cube coute environ 25 $ US, je crois », explique M. Santos. Aucun des quelque 10 millions de mètres cubes de débris du séisme n’a été utilisé, ajoute l’urbaniste, car le « matériel du séisme n’était pas prêt ou disponible. » On a plutôt utilisé 20 000 camions de gravier et de remblai, creusé à même les berges et les collines.

M. Voltaire décide de se présenter aux élections après le début du projet, il le remet donc entre les mains du ministre du Tourisme, Patrick Delatour. Le concours attire 500 participants.

« Selon moi, l’Expo était un succès car nous avons accompli notre mission : nous avons organisé la conférence sur l’habitation et fait construire les prototypes », déclare l’ancien ministre à AKJ.

Nick Rutherford, de la firme MacAslan, abonde en ce sens.

« Ce concours se classe parmi les plus réussis au monde », déclare M. Rutherford en entrevue téléphonique, car le concours a généré ce qu’il qualifie de « maisons abordables et durables ».

Or, les quelque 60 modèles choisis se vendent en moyenne 21 000 $ US, et peuvent monter jusqu’à 69 000 $ US, une somme faramineuse pour les ONG et dans un pays où plus des deux-tiers de la population gagne moins de 2 $ US par jour. Et plusieurs de ces maisons sont faites de matériaux importés.

Mais M. Rutherford insiste : « de notre point de vue… c’est un succès retentissant. »

« Succès » ou non, l’Expo n’a pas eu lieu en novembre 2010 comme prévu, en raison des élections. Le gouvernement a plutôt décidé de tenir une conférence sur l’habitation en janvier 2011, et a reporté l’Expo à plus tard dans l’année.

« C’était du ‘lollipop’ (‘bonbon’) pour maintenir l’intérêt des entrepreneurs, selon M. Voltaire. Ils se plaignaient que rien ne se passait, alors ils [le gouvernement] ont organisé une conférence. »

« C’est la pire farce que j’ai vue, déplore John Sorge, d’Innovative Composites International (ICI), l’une des firmes exposantes. C’était un écran de fumée pour promouvoir le gouvernement… toute cette expo était une farce. »

Une séace de conférence au Caribe Convention Center à Pétion-ville. 

ICI a dépensé « dans les six chiffres » pour participer à l’Expo et à la conférence, d’après Sorge. Ses maisons coutent 12 050 $ US mais la compagnie, qui a des bureaux aux Etats-Unis et au Canada, n’avait encore reçu aucune commande au moment de l’entrevue avec AKJ. Aujourd’hui, il semblerait que le modèle d’ICI sert de gymnase aux ouvriers de la région. L’une des pièces regorge d’appareils d’exercice, et l’on peut voir un casque pendre d’un des guidons.

« C’était une expérience horrible! Il a fallu beaucoup de temps, beaucoup d’argent » et, selon lui, la firme n’a plus entendu parler du gouvernement. « Le silence total. »

Quand l’Expo a enfin été lancée, le 21 juillet 2011, MM. Clinton et Martelly sont venus, comme tous les autres organisateurs et les journalistes, mais depuis l’inauguration, rares sont ceux qui sont venus visiter le site. Même M. Voltaire admet que les organisateurs au ministère du Tourisme « ont manqué d’un certain savoir-faire pour attirer les visiteurs ».

L’une des maisons semble habitée – par un employé de la firme haïtienne Bureaucad S.A., l’une des exposantes. L’homme, qui demande à garder l’anonymat, affirme que sa compagnie a construit ce modèle, en vente à 12 500 $ US, « parce qu’on croyait que le pays allait être reconstruit. Comme ça n’est pas encore arrivé », on lui a permis d’y vivre avec sa femme, son fils et son domestique.

« Communauté exemplaire » sans communauté

Dès le début du processus, on a mis sur pied un conseil de direction pour la « Communauté exemplaire », formé de M. Voltaire, de l’ancienne secrétaire du Tourisme devenue représentante pour la Royal Caribbean, Maryse Pennette Kedar, et de l’industriel Gregory Mevs, notamment. Ils allaient travailler avec les universités Harvard et MIT, la BID et d’autres, pour planifier et construire une communauté modèle.

Les professeurs et les élèves ont fait trois voyages de consultation en Haïti, avec une rencontre communautaire et des études. Les professeurs, avec d’autres, ont également tenu une rencontre à Martha’s Vineyard.

« Nous avons participé à une retraite bien remplie avec les groupes de MIT et d’Harvard, pour discuter de la création de nouvelles communautés en Haïti », selon un blogue d’Andy Meira, directeur du projet, rémunéré au départ par la McAslan, puis par la Clinton Foundation. « C’est le site de Martha’s Vineyard qui fut choisi, l’endroit préféré du Président Obama. Il nous a donné un aperçu de la tranquillité et l’ordre, ce qui manquait en Haïti. »

Une page du rapport Harvard-MIT qui illustre une « rencontre communautaire ».

Le rapport bilingue de 180 pages qui en résulte – Designing Process (Le processus de conception) [télécharger le PDF]– émet des recommandations sur le choix des sites, les programmes d’emploi, la production agricole, l’usage de l’énergie et la préparation aux catastrophes. Il émet de sérieux avertissements sur la région de Zoranje, qui se trouve en plaine inondable. Même remblayée avec du gravier, son drainage sera insuffisant et « rien n’y poussera », d’après le rapport. Les auteurs notent en plus que, comme la plaine est vulnérable à la pluie et à la submersion marine, « une prochaine catastrophe est inévitable ». Le rapport conclut par des recommandations pour un développement « exemplaire » qui pourrait être érigé à Zoranje, moyennant quelques études et précautions, puis reproduit partout au pays.

Une page du rapport Harvard-MIT qui montre la première phase suggerée pour une « communauté exemplaire ».

Mais cette communauté n’a jamais reçu de financement.

Celle qu’on a préféré financer et construire, tout près de l’Expo, ressemble à tous les autres projets domiciliaires haïtiens construits dans la dernière décennie : des rangées de petites maisons, de minuscules espaces verts, un drainage inadéquat et, jusqu’ici, aucun système d’eau courante. Le développement, appelé « 400 en 100 » car il s’agirait de 400 foyers à construire en 100 jours, a été financé par la BID.

Christian Werthmann, professeur à la Harvard School of Design, admettait avec nostalgie « La pression pour construire des maisons était devenue incroyable. Nous avons soumis notre rapport mais il ne s’est jamais concrétisé. »

Sur son site Internet, l’ancien directeur de projet, M. Meira, vante l’Expo et la Communauté exemplaire comme « la plus importante initiative de logement en 2010 », mais le consultant a refusé d’accorder une entrevue à AKJ. La Fondation Clinton s’est également refusée à tout commentaire, malgré nos multiples appels et notre demande écrite.

« Pas même un merci »

Comme M. Meira, une foule d’organisateurs – incluant Arcindo Santos de la BID, Nick Rutherford de McAslan, M. Werthmann de Harvard et l’ancien ministre Patrick Delatour – ont qualifié l’Expo d’« importante », de « bonne idée » et de « succès ». Et ce l’était pour chacun d’entre eux. Chaque personne, chaque agence a accompli sa part du projet, assistant aux conférences et aux activités d’inauguration, rédigeant des rapports.  Et la plupart d’entre eux, ainsi que leurs employés, ont été rémunérés. Mais personne n’a donné suite aux projets et personne ne semble plus s’en soucier aujourd’hui. Au lieu d’abriter les familles victimes du séisme, comme le gouvernement l’avait promis, les maisons modèles sont vides.

Des cabrits broutent de l’herbe folle devant des maisons modèles vides. Photo: AKJ/Jude Stanley Roy

« Nous allons en vendre certaines et louer les autres », affirmait à AKJ Clement Belizaire de l’agence gouvernementale Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP). « Certaines d’entre elles abriteront des services gouvernementaux. Toutes ces maisons serviront. »

Aujourd’hui, une seule est occupée par une agence gouvernementale. Le modèle construit par la firme haïtienne SECOSA abrite maintenant un poste de police.

Dans son entrevue avec AKJ, M. Voltaire qualifiait l’Expo de « farce ». Bien qu’il trouvait l’étude d’Harvard/MIT excellente, il faisait remarquer que le plan – son plan – comportait peut-être des lacunes dès le départ.

« Qui allait acheter ces maisons ? », proposait-il. « La Croix-Rouge possède des fonds pour de l’habitation. World Vision a des fonds d’habitation. L’USAID a des fonds d’habitation. Peut-être l’Union Européenne, aussi… Ce sont eux qui auraient dû venir à l’Expo… Mais ceux qui ont de l’argent, où sont-ils ? Ils ont déjà leur propre modèle d’habitation en tête. »

Aujourd’hui, notait M. Voltaire, personne ne semble être responsable. Ni l’agence gouvernementale responsable de superviser les logements sociaux ni l’UCLBP ni le ministère du Tourisme.

« MM. Clinton et Martelly sont impliqués dans le projet, dit-il. Ils l’ont inauguré. Ce sont eux qui devraient le prendre en main. M. Martelly ne peut pas simplement l’abandonner ainsi. Et M. Clinton ne peut pas non plus l’abandonner ainsi. Et ils doivent écrire aux firmes qui ont construit les prototypes. »

Mais, selon un document du ministère du Tourisme, M. Voltaire est également impliqué. En mars 2011, il a été nommé responsable « de la gestion et du suivi de la Communauté exemplaire. »

AKJ a fait son propre suivi en prenant contact avec sept des firmes, en Haïti et aux Etats-Unis. Une seule construisait des maisons, et elle a obtenu le contrat avant le début de l’Expo. Tous ont été consternés par la tournure du projet.

Gabriel Rosenberg, de GR Construction, affirmait en entrevue téléphonique : « C’était une perte d’argent, sans respect pour les constructeurs. À ce que je vois, leKay pa m’ [de M. Martelly] a pris la place du projet. Nous avons investi environ 25 000 $ US en espérant vendre des maisons. »

Jim Dooley, du New Hampshire aux Etats-Unis, affirme avoir participé parce qu’il « voulait aider ». Avec ses partenaires, il a formé le consortium « Ti Kaye » (Petite maison) et investi environ 68 000 $US.

« À ce jour, nous n’avons pas vendu une seule maison », déplorait-il dans un courriel. « Nous avons investi beaucoup de temps, d’énergie et d’argent. Et à ce jour, absolument personne ne nous a donné signe de vie. Nous apprécierions qu’on nous donne au moins une idée de ce qui se passe.  On nous a dit que le modèle finirait par servir d’abri et de résidence à une famille dans le besoin. Reste à espérer que c’est à ça que la petite maison servira. C’est certainement dans cet esprit que nous l’avons conçue et construite. »

La Ti Kaye est fermée à clé et vide.

L’entrepreneur haïtien Winifred Jean Galvan admettait avoir dépensé 27 000 $ US avec ses partenaires mexicains de Pamacon S.A., partiellement en frais de douanes. « On ne nous a même pas offert de réduction sur les frais de douane. Nous avons payé dans les 30 pour cent », s’étonnait-elle, même si cette maison de 20 000 $ était un don au gouvernement.

Galvan et Pamacon ont participé parce qu’ils voulaient « fournir aux gens une maison décente » et pour « gagner notre vie en le faisant », dit-elle.

Aujourd’hui, la maison modèle de Pamacon est vide. La peinture s’écaille et un mur est lézardé, mais elle n’a pas été vandalisée.

 La maison Pamacon. Photo: AKJ/Milo Milfort

« Ils ont pris notre argent et nos maisons… sans aucun respect pour nous », déplore la femme d’affaires. « Nous pensions qu’ils allaient nous appeler, au moins pour nous dire s’ils choisissaient ou non notre maison [pour la Communauté exemplaire]. Pas même un merci. Ni un bonjour. Rien du tout. »

* Note : La plupart des entrevues de cet article ont été menées au début de 2012.

Ayiti Kale Je

http://www.ayitikaleje.org/

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This work is licensed under a Creative Commons License.

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Une réflexion sur “LA RECONSTRUCTION : CYNISME ET GASPILLAGE !

  1. Mirlande dit :

    This is a very enlightening article as to the hardships of implementing successful change in Haiti. What I don’t understand at all, is how the writer/s find a way to blame the government. I was a director at a federally funded program and had never seen our shortcomings put on the back of the American government! This would be totally outlandish to do so. Maybe I am missing something, please clarify if you know more than I. The bottom line is that we must find a way to overcome major hindrances that make it impossible for interventions in Haiti to be positive and successful. Pretending success when it clearly not so, won’t benefit anyone!

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