Le Cap-Haïtien inondé

Inondations : Plusieurs quartiers du Cap-Haïtien sous les eaux

 

Correspondance Wedlyne Jacques

Cap-Haïtien, 8 avril 2013 [AlterPresse] — Des milliers de familles des zones inondables du Cap-Haïtien, à l’image de Blue Hills, bas de Vertières, de Cité du peuple, Shada, Lafossette, lancent des appels au secours, suite à la montée des eaux de la rivière du Haut du Cap, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.

Les maisons dans ces zones sont inondées après des averses enregistrées les vendredi 5 et samedi 6 avril 2013.

Des eaux boueuses, charriant des immondices et des matières fécales, ont envahi les rues et ruelles ainsi que les maisons de ces quartiers.

INONDATIONS-a-cap-haitien

A l’image d’une scène de film hollywoodien, des mères et pères de famille, enfants et bagages en main, cherchaient à se réfugier ailleurs, le dimanche 7 avril.

Une femme, mère de cinq enfants et habitante du quartier de Lafossette, accuse les autorités municipales de minimiser la situation, parce qu’il n’y a pas de perte en vie humaine.

Les dégâts sont pourtant importants, souligne-t-elle déplorant l’absence et le non accompagnement d’agents de la protection civile pour porter secours aux familles sinistrées.

D’autres personnes interrogées expriment leurs inquiétudes face au mauvais temps qui persiste, ainsi qu’au risque de contracter des maladies, telles le choléra, la typhoïde et la malaria.

Elles sollicitent l’intervention des responsables du ministère de la santé publique et de la population (Mspp) dans le Nord ainsi que des responsables de la protection civile.

Joint au téléphone, le coordonnateur technique de la gestion des risques et désastres, Jean Henry Petit, affirme avoir envoyé des unités de secours sur les lieux, pour constater les faits et venir en aide aux familles victimes.

Depuis environ un mois, le ministère de l’agriculture est en train d’effectuer des travaux de curage et de nettoyage dans le lit de la rivière du Haut du Cap, signale Petit.

S’ils étaient mal faits, de tels travaux dans la rivière du Haut du Cap auraient occasionné un gonflement des eaux à la moindre goutte de pluie et provoqué des inondations près des rives, estime Petit.

Les quartiers, de nouveau inondés les 5 et 6 avril 2013, sont généralement des zones construites sur du remblai et des déchets versés dans l’embouchure.

Maisons construites sur la mangrove, zone inondable et insalubre. Quartier de Petite Anse, Cap-Haïtien. Photo Rémi Kaupp

Maisons construites sur la mangrove, zone inondable et insalubre. Quartier de Petite Anse, Cap-Haïtien. Photo Rémi Kaupp

Au temps de l’ancienne administration municipale, sous la présidence de René Garcia Préval, certaines organisations non gouvernementales (Ong) avaient remblayé le long de l’embouchure pour y construire un terrain de jeux et un marché public.

Communément appelées « nan ranblè« , ces zones sont devenues de véritables monstres urbanistiques, avec des habitations construites de façon anarchique, sans services de base à proximité, et avoisinant, dans un chaos effrayant, ateliers d’ébénisterie, de ferronnerie, porcheries, sites de décharge d’ordures ménagères et de matières fécales, entre autres.

Cette configuration alarmante porte à croire que les enjeux sont de taille pour les responsables du ministère de l’agriculture, en ce qui a trait à l’exécution de ce projet de nettoyage de la rivière du Haut du Cap, projet qui a tant souffert dans les tiroirs. [wj kft rc apr 08/04/2013 15:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14366

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s