Le pouvoir contraint et forçé d’accepter la libération de l’avocat André Michel

L’arrestation d’un avocat de l’opposition provoque la colère

Avec AFP

Des heurts ont éclaté entre la police et des jeunes manifestants…

De violentes manifestations ont éclaté ce mercredi dans plusieurs quartiers de la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, opposant des forces de l’ordre et des groupes de jeunes au lendemain de l’arrestation d’un avocat de l’opposition.

Plusieurs rues étaient bloquées par des barricades en feu et des tas de pierres entreposées par des manifestants en colère qui réclament la libération du jeune avocat André Michel, un farouche opposant au président Michel Martelly à la base d’une plainte pour corruption visant l’épouse et le fils du chef de l’Etat haïtien.

«Martelly doit partir»

Me André Michel a été interpellé mardi soir par la police, suscitant la protestation de jeunes manifestants et l’indignation des professionnels du droit et de la classe politique.

Des centaines de manifestants ont scandé des slogans contre le pouvoir en place réclamant la démission de Michel Martelly qu’ils accusent de vouloir réinstaurer la dictature en Haïti.

«Qu’il le veuille ou non, Martelly doit partir. Il n’a pas sa place en Haïti», chantent des étudiants qui ont échangé des jets de pierre avec des patrouilles de la police, qui a riposté en lançant des gaz lacrymogène.

Des étudiants coincés dans les locaux de l’université

A la Faculté d’ethnologie d’Haïti, proche du palais présidentiel, des étudiants étaient coincés dans les salles de classe bombardées de gaz lacrymogène. «Une vingtaine de nos camarades se trouvent dans les salles. Ils ne peuvent pas sortir. Certains vont très mal», a témoigné un étudiant.

«C’est un acte arbitraire et illégale. Nous sommes en dictature. Les garanties judiciaires n’ont pas été respectées dans cette arrestation. L’avocat a été arrêté parce qu’il dénonçait les dérives du pouvoir», avait dénoncé mardi soir le militant des droits de l’homme Pierre Espérance du Réseau de défense des droits de l’homme après l’arrestation d’André Michel.

Avec AFP

Des avocats et sénateurs libèrent de force l’opposant politique André Michel

A. Michel

Arrêt de travail des avocates et avocats de Port-au-Prince

3 sénateurs se sont saisis, ce mercredi après-midi 23 octobre 2013, de l’avocat André Michel, pour l’emmener au grand corps, observe la presse nationale.

Auparavant, Me. Michel – farouche opposant à l’actuelle administration politique du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Lamothe – a été transporté au bâtonnat de Port-au-Prince par un groupe d’avocats.
Il se trouvait dans le greffe du parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, pour être entendu par le commissaire du gouvernement, près le tribunal civil de Port-au-Prince, Francisco René. Il venait de passer la nuit (de mardi 22 à mercredi 23 octobre) à la salle d’accueil du commissariat de police de Port-au-Prince, sur instruction donnée à la police par Me. René.

Vers 14 :30 locales (18 :30 gmt), des sapeurs-pompiers de la police nationale d’Haïti (Pnh) essayaient d’éteindre le feu émanant de pneus usagés, allumés par des manifestants aux abords du parlement.

Une situation, pour le moins tendue, règne maintenant un peu partout au centre-ville de la capitale.

Pour le moment, les journalistes ne savent pas de quoi il en retourne à l’intérieur du sénat de la république, où se retrouvent Me. André Michel, plusieurs de ses collègues du barreau des avocates et avocats de la capitale, des sénateurs et députés.

Dans l’intervalle, le bâtonnat des avocates et avocats de Port-au-Prince décide d’observer un arrêt de travail jusqu’à la révocation de Me Francisco René (à la tête du parquet de la capitale) de Lamarre Bélizaire comme juge d’instruction.

Membres influents de l’association des magistrats haïtiens (Asmah, proche du gouvernement), Mes. René et Bélizaire sont pointés du doigt dans divers actes judiciaires irréguliers.

Il s’agit d’une véritable épreuve de force, face au pouvoir politique qui a osé procéder, dans la soirée du mardi 22 octobre, à l’arrestation « arbitraire et illégale » de l’avocat Michel.

Ladite interpellation, comme Me Francisco René a qualifié l’acte, est intervenue sans aucun constat de flagrant délit et en dehors des normes requises par la Constitution de 1987 (aucune arrestation de personne ne saurait être effectuée entre 6 :00 pm et 6 :00 am, sauf en cas de flagrant délit).

Des mouvements de protestation contre l’arrestation de Me. André Michel ont été enregistrés, dans la matinée de ce 23 octobre, en divers points de la capitale, de la part de lycéennes et lycéens, d’étudiantes et d’étudiants, ainsi que de nombreuses citoyennes et de nombreux citoyens.

Libération de l’avocat et militant politique André Michel à l’issue d’une soirée et d’une journée de contestation contre le chef du Parquet, le président Martelly et le gouvernement LamotheViolences et manifestations anti-gouvernementales

Caoutchouc

Publié le mercredi 23 octobre 2013

Des actes de violence et des manifestations anti-gouvernementales ont été enregistrés mercredi matin dans divers quartiers de la capitale et au siège du Parquet du Tribunal civil de Port-au-Prince, à la Cité de l’Exposition, au lendemain de l’arrestation controversée de l’avocat et militant politique André Michel.

L’avocat avait été arrêté mardi soir à Martissant (banlieue sud de la capitale), après que son véhicule ait été perquisitionné par la police en présence d’un juge de paix. Auparavant, l’avocat avait reçu de fortes pressions du commissaire du gouvernement, Me Francisco René, pour qu’il accepte la perquisition en absence d’un juge de paix. Il s’y était résolument opposé, exprimant la crainte que des objets compromettants ne soient introduits dans le véhicule par des policiers qu’il dit être à la solde du pouvoir politique qu’il combat farouchement.

Conduit mercredi matin au Parquet où des milliers de citoyens étaient venus le soutenir, l’avocat a été entendu par un substitut du commissaire du gouvernement qui a reconnu qu’il n’y avait aucune charge contre lui. De nombreux avocats qui étaient venus le soutenir ont cependant vigoureusement réagi quand le commissaire en chef, Francisco René, a voulu tout de même procéder à l’arrestation de l’avocat en invoquant un mandat d’amener qu’avait décerné contre lui le juge d’instruction Lamarre Bélizaire. Forts de l’appui d’un certain nombre de manifestants qui avaient pu investir l’enceinte du Parquet, les avocats sont alors partis avec leur confrère en direction du bureau du bâtonnier de l’ordre des avocats se trouvant dans le même bâtiment. Arrivés par la suite sur les lieux, des parlementaires, dont le président de la Chambre basse, également avocat, ont emmené Me Michel au Palais législatif où il a trouvé refuge pendant quelques heures avant de partir pour une destination inconnue.

Après un huis-clos entre les parlementaires et le bâtonnier Carlos Hercule, ce dernier a fait savoir à la presse que Me Michel a été libéré et que les avocats cesseraient de plaider dans la juridiction tant que le commissaire du gouvernement Francisco René sera à son poste.

Aux abords et à l’intérieur du Parquet, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au chef de l’Etat et au gouvernement, les appelant à la démission. Ils ont dénoncé « leur implication dans la drogue et toutes sortes d’affaires louches » ainsi que « leur projet de ravir aux haïtiens les principaux acquis démocratiques » remportés de haute lutte.

Des étudiants de l’Université d’Etat, notamment ceux des Facultés d’Ethnologie, des Sciences humaines et de l’INAGHEI, se sont mêlés de la partie. Aux abords de la Faculté d’Ethnologie des pierres ont été lancées, des barricades enflammées érigées, des pierres et toutes sortes d’objets disséminés sur la chaussée afin d’empêcher la circulation automobile. La police est intervenue en lançant des gaz lacrymogènes qui ont sérieusement affecté étudiants et journalistes, ainsi que des patients, adultes et nourrissons, de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti tout proche.

Des manifestations anti-gouvernementales ont été également enregistrées en province, notamment au Cap-Haïtien et aux Cayes.

L’arrestation de Me André Michel, jugée illégale en raison de l’heure (inconstitutionnelle) à laquelle elle a été effectuée et de ses motifs politiques sous-jacents, a provoqué une réprobation de très vaste ampleur dans la société civile et la classe politique à un moment où, déjà, dans ces milieux, on soupçonne le chef de l’Etat de ne pas vouloir organiser des élections démocratiques, de vouloir dissoudre le parlement et de rétablir la dictature en dirigeant par décret. De ce fait, des dirigeants et militants politiques de différents horizons, des professionnels de divers secteurs ont afflué vers le Parquet ce mecredi pour empêcher que Me André Michel soit injustement écroué.

Dirigeant de l’organisation politique « Gwoup 77 », Me André Michel et son collègue Newton Louis St-Juste, sont à l’origine de l’action en justice « pour corruption » contre l’épouse et le fils du chef de l’Etat, Sophia et Olivier Martelly. Le juge Jean Serge Joseph, qui avait la charge de ce dossier, est décédé dans des circonstances jusqu’ici non élucidées.

Protestation de jeunes, en uniforme de lycéens, contre l’arrestation de Me. André Michel

P-au-P, 23 oct. 2013 — Une cinquantaine d’adolescents, portant l’uniforme des Lycées Alexandre Pétion et Toussaint Louverture, établissements publics, ont gagné les rues, ce mercredi matin 23 octobre 2013, pour protester, disent-ils, contre l’arrestation, la veille au soir, de Me André Michel, farouche opposant à l’actuelle administration politique, constate AterPresse.

Ils se trouvent en compagnie du coordonnateur de l’Union nationale des Normaliens haïtiens (Unnoh) Josué Mérilien.

Au Lycée Fritz Pierre Louis, non loin des ruinbes du palais présidentiel à la capitale, des parents se sont empressés d’aller chercher leurs enfants pour les ramener à la maison, alors qu’un mouvement de protestation germait sur la cour du lycée contre une éventuelle mise à pied du directeur de l’établissement.

De jeunes hommes non identifiés, qui ont pénétré l’enceinte de l’école pour pousser les enfants à manifester contre l’arrestation d’André Michel, ont vite été chassés.

Dans un déploiement de force impressionnant et malgré la solidarité de confrères, Me. André Michel a été interpellé, dans la soirée du mardi 22 octobre 2013, à Martissant pour « refus d’obtempérer », selon le chef du parquet de Port-au-Prince, Francisco René.

Avec l’avocat Newton St Juste, Me. Michel est à l’origine d’une plainte contre la femme et le fils du président Joseph Michel Martelly, Sophia Saint-Rémy et Olivier Martelly, pour usurpation de titres et fraudes. Enold Florestal, le citoyen qui a assumé cette plainte, est emprisonné depuis août 2013.

http://www.alterpresse.org

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