LE MENSONGE DANS LEQUEL NOUS VIVONS

L’argent ne pourra pas être mangé.

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons de découvrir et de méditer sur les messages de ces vidéos qui, en quelques minutes, synthétisent avec brio le monde  que nous construisons chaque jour.

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LE CARTEL DE JACMEL : JOSEPH LAMBERT, EDWIN ZENNY, FOUREL CELESTIN

Révélations fracassantes d’un jeune ex-membre d’un gang armé

Le Cartel de Jacmel :

Joseph Lambert, Edwin Zenny, Fourel Celestin : des truands d’envergure reconvertis en politique

I. Introduction

Je m’appelle Sherlson Sanon. Identifié par le Numéro de ma Carte d’Identification Nationale : 02-01-99-1988-12-00245, je suis né à Jacmel le 16 décembre 1988. .

En 1999, j’étais âgé de onze (11) ans et en situation précaire, lorsque j’ai été approché par l’ex-Sénateur Joseph Lambert, aujourd’hui Conseiller du Président de la République Joseph Michel Martelly, qui m’a introduit dans le secteur criminel.

J’ai spontanément décidé d’arrêter mes activités criminelles. C’est pourquoi, tout en me mettant à la disposition de la Justice, le 12 mars 2013, je me suis rendu au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en vue de faire ce témoignage.

II. Mon Enrôlement à titre de transporteur de drogue

En 1999, l’ancien Sénateur Joseph Lambert m’a proposé d’être son ami car, il voyait en moi, me disait-il, un jeune garçon intelligent et plein d’avenir. A cette époque, Joseph Lambert n’était pas encore Sénateur cependant, il était très proche du Sénateur d’alors, Fourel Célestin.

C’est ainsi que j’ai intégré la base KAKOS, localisée à la Rue Sainte Anne, à Jacmel. Mon nom d’opération est Andrébert Sanon. J’ai été nommé ainsi par l’ex-Sénateur Joseph Lambert lui-même qui s’est aussi chargé de mon instruction en matière de crime. En effet, j’ai reçu une formation en reconnaissance de cocaïne. J’ai aussi appris à faire usage d’une arme à feu, à conduire les automobiles et les motocyclettes, avant de recevoir des matériels de travail savoir, des gants, des armes, des munitions, etc.

Après ma formation, l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT m’a engagé pour assurer le transport de cargaisons de drogue. Je devais transporter ces cargaisons de la Rue de la Ravine à Lamandou, chez un agent de sécurité d’alors de Joseph LAMBERT, dénommé Kern DESAMOUR. Je recevais deux mille (2000) gourdes pour ce travail.

Au fur et à mesure que je travaillais, l’ex-Sénateur me léguait d’autres responsabilités comme le transport de cargaisons d’armes à feu ou le transport de cargaisons de drogue en des endroits éloignés. En effet, j’ai aussi l’habitude de transporter de la drogue pour l’actuel Commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la Croix des Bouquets, Me Lenny THELISMA ce pour le compte de l’actuel conseiller du Président Joseph Michel Martelly. Cependant, Me Leny Thelisma qui habite Martissant 7, ne reçoit pas la drogue chez lui, mais au Carrefour Fleuriot.

Parallèlement, le Sénateur Joseph Lambert m’a conseillé d’abandonner mes études, arguant que les documents, les certificats de fin d’études ne rapportent rien en Haïti. Il m’a affirmé qu’il pourrait me les faire avoir, sans qu’il ne me soit nécessaire d’aller à l’école. De plus, il m’a promis une voiture, une maison et un emploi au niveau de la fonction publique.

L’ex-Sénateur Joseph Lambert a aussi loué une maison où les membres du gang KAKOS sont hébergés lorsqu’ils rentrent à Port-au-Prince, notamment pour des missions. Cette maison est située au # 29, Impasse Wallace, Route de Frères. De plus, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la Croix des Bouquets, Me Lenny Thelisma a mis sa propre maison, localisée à Martissant 7, à la disposition de la base KAKOS.

Cette base est composée d’au moins dix-sept (17) individus. Il s’agit de :

1.    Edner Come connu encore sous le nom de Jackson Travelino, actuellement rechercé par la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans le cadre de l’enquête judiciaire relative au démantèlement du gang dirigé par Clifford Brandt.

2.    Yvener PoMPY

3.    Herlain THELEMAQUE, un aspirant policier

4.    Alain Moïse

5.    Jude Millien

6.    Fabienne Louis

7.    Eddy Jean

8.    Jean Edwidge Roy connu encore sous le nom de Papouche ROY

9.    Sherlson Sanon connu encore sous le nom d’Andrébert Sanon

10.Saint-Fleur Roy

11.Sony Lambert

12.Yves JOACfflM

13.Raymond FRID

14.Berthony alias Tchampan

15.Amounou ainsi connu

16.Grégory ainsi connu

17.Design ainsi connu

III. Les premiers crimes que j’ai perpétrés

a. Assassinat d’étrangers à Jacmel

En 1999, moi, Sherlson Sanon, j’ai tué pour le compte de l’ex-Sénateur Joseph Lambert, une étrangère du nom Céline Moulier qui était venue implémenter une organisation à Jacmel. Elle habitait à Civadier. J’ai reçu deux mille (2000) gourdes pour cette exécution. Le jour du crime, j’étais accompagné de Alain MOÏSE.. Ce dernier est un agent de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Lorsque je l’ai exécutée à hauteur de la route de Makary, Céline MOULIER pilotait une Toyota double cabine, blanche. Le même jour, le père de la victime, Fernand MOULIER, a aussi été assassiné par Alain MOÏSE.

Le gang a reçu Tordre de conduire le véhicule de Céline MOULIER au garage de Jacky CAROLLI, situé à St Cyr, Jacmel. Les pièces du véhicule ont été vendues. La carcasse se trouve encore au garage.

Après l’assassinat des deux (2) étrangers susmentionnés, j’ai été emmené en République Dominicaine, au Bahia Prencipe Hôtel, Bavaro situé à Punta Canay en attendant que tout se calme.

b. Cas de Kern Désamour

Kern Desamour était un membre du gang. Il assurait la sécurité du dépôt de drogue de l’ex-Sénateur. Une fois, il a reçu pour mission de récupérer une cargaison et de l’apporter à l’ex-Sénateur Fourel Célestin. Cependant, Kern Desamour a préféré prendre la marchandise et l’a vendue à Jacky Carolli (Khawly).

J’ai été chargé d’assassiner Kern Desamour pour cet écart de conduite.

Le 30 octobre 2006, j’ai exécuté Kern Desamour. Je lui ai administré trois (3) balles alors qu’il se trouvait dans un bar restaurant situé à Lamandou. Lors du crime, Yvener Pompy, un autre membre du gang, spécialisé notamment dans les exécutions, était présent. L’arme du crime m’a été remise spécialement par l’ex-Sénateur Joseph Lambert.

Après l’assassinat de Kern Desamour, des policiers basés à Jacmel ont reçu l’ordre de dire que ce dernier a été tué par un policier. Parallèlement, j’ai été encore emmené en République Dominicaine, où j’ai passé trois (3) mois, logé au même hôtel, le Bahia Prencipe Hôtel, Bavaro situé à Punta Cana. A chaque fois, toutes mes dépenses étaient prises en charge par l’ex-Sénateur qui me rendait visite chaque mois.

Après une retraite de trois (3) mois, l’ex-Sénateur est venu me chercher. Arrivé à Jacmel, il m’a offert une moto qu’il a lui-même achetée chez Edo Zenny pour une somme de trente-cinq mille (35.000) gourdes.

IV. Ma présentation au Sénateur Edwin Zenny

En 2006, en raison des multiples services rendus et surtout, parce que je me suis toujours montré consciencieux dans mes nombreuses tâches, le Sénateur Joseph Lambert m’a présenté au Sénateur Edwin Zenny connu encore sous le nom de Edo Zenny. A partir de ce moment, j’ai eu deux (2) patrons.

Toutefois, avec le Sénateur Edwin Zenny, mes contacts se sont multipliés. De plus, mon travail de transporteur est devenu plus important. J’ai été autorisé à prendre les cargaisons chez Jacky Carolli (Khawly) et chez Joël Carolli (Khawly) pour le compte des Sénateurs Edwin Zenny et Joseph Lambert.

Les cargaisons emmenées à Lamandou étaient toujours sécurisées par Saint-Fleur ROY, Jean Edwidge Roy connu encore sous le nom de Papouche ROY et Eddy JEAN. Aujourd’hui, Eddy JEAN est propriétaire d’une boutique de vêtements localisée à Lamandou 1.

V. Mon implication dans les actes de violence enregistrés lors des élections de 2010

Pour les élections de 2010, le Sénateur Joseph Lambert a supporté le candidat à la députation Kénol Charles. J’avais pour tâche de remplir les urnes au profit de Kénol Charles. J’étais aidé par les autres membres de la base KAKOS. Puis, sécurisé par des agents de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), j’ai emmené les urnes au bureau de vote de Meyer, une commune du Sud-est.

Je dois souligner que ces fraudes ont favorisé le candidat Kénol Charles qui a gagné les élections et est aujourd’hui Député de la circonscription de Cayes-Jacmel.

Après les élections, notamment au début de l’année 2011, le Sénateur Edwin ZENNY s’est rangé du côté de Joseph Michel MARTELLY, consacrant ainsi son divorce temporaire avec le Sénateur Joseph LAMBERT. Pour se venger, le Sénateur Edwin ZENNY nous a offert trois mille (3000) dollars américains à moi et à Yvener POMPY pour incendier son propre véhicule, une Hammer 4X4 de couleur blanche, qui se trouvait alors à Lamandou. Ensuite, il a accusé le Sénateur Joseph LAMBERT d’avoir procédé à cet incendie.

Suite à l’incendie, des agents de la PNH dont un dénommé Arland BEROUETTE, à la solde du Sénateur Edwin ZENNY, se sont rendus à Lamandou et ont déclaré dans leur procès-verbal avoir remarqué le véhicule du Sénateur Joseph LAMBERT qui prenait la fuite.

VI. Quelques exemples d’autres crimes perpétrés par le gang Edo Zenny / Joseph Lambert

1. Le 1er septembre 2012, j’ai été engagé par le Sénateur Edwin Zenny pour exécuter Reyista Desamour. Ayant échoué après plusieurs tentatives, un prêtre du vodou Jean Marie Domond a reçu dix mille (10.000) dollars américains pour faire le crime. Ce dernier a été par la suite arrêté le 16 octobre 2012. Jean Marie Domond se trouve aujourd’hui à la Prison Civile de Jacmel. La petite fille de Reyista Desamour a, pour sa part, reçu une balle à la cuisse.

2.    Le 17 novembre 2012, à Jacmel, le gang KAKOS a pris part à l’enlèvement suivi de séquestration du petit Jorym Sam Etienne, âgé de trois (3) ans. Ce crime a été perpétré sur instigation du Sénateur Edwin Zenny qui est l’amoureux d’une jeune fille habitant la maison. Les proches de la jeune fille reprochait à cette dernière d’entretenir une relation amoureuse avec le Sénateur, un homme marié qui de surcroit, entretient plusieurs maitresses. Cette dernière a rapporté les faits au Sénateur qui, pour leur donner une leçon, a ordonné l’enlèvement de Jorym Sam Etienne. Il n’était pas prévu de tuer l’agronome Jean Marie Patrice Etienne. Cependant, celui-ci, croyant qu’il avait affaire à des voleurs, a tiré le premier. Un des bandits, Alain Moïse a reçu un projectile au bras. C’est en ripostant que l’agronome Jean Marie Patrice Etienne a été tué. Pour libérer Jorym Sam Etienne, la famille a dû payer la rançon de quarante mille (40.000) dollars américains.

3.    Deux (2) autres assassinats ont été perpétrés pour le compte du Sénateur Edwin ZENNY, le 5 février 2013. Ces deux (2) individus ont été tués parce qu’ils ont frappé le véhicule du Sénateur Edwin ZENNY. Ils ont été criblés de balles. Il s’agit de Jerry DAETOIS et de M. C Hammer D ARTOIS. Pour ce travail, le Sénateur Edwin ZENNY a offert la somme de mille cinq cents (1.500) dollars américains à Yvener POMPY, à Eddy JEAN et à Berthony ainsi connu alias Tchampan. Ils étaient montés à bord d’une motocyclette immatriculée MC 7030.

4.    Le 6 mars 2013, le Sénateur Joseph LAMBERT m’a confié quatre (4) armes de calibre 9 millimètres à apporter à l’une des ramifications de la base KAKOS, à La Saline. J’ai remis ces armes à Yvener POMPY et à Jean Edwidge ROY, connu encore sous le nom de Papouche ROY.

5.    Le 5 avril 2013, le gang KAKOS a reçu une mission de l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT de se rendre à Marigot, dans la maison de Jetho SANON, l’officier de l’Etat Civil de cette commune. Le gang a emporté seize (16) boites en carton remplies de drogue. Cette drogue a été emmenée chez Christophe LAMBERT à Bréman.

6.    Le 7 avril 2013, l’ex-Sénateur et Conseiller du Président de la République m’a donné six (6) armes à feu de calibre 9 millimètres, avec pour mission de les apporter à La Saline et de les remettre à Raymond FRID, Jean Edwidge ROY, Fresny BALTAZAR, Jude MlLIEN, etc.

7.    Le 10 avril 2013, plusieurs membres du gang, montés à bord de deux (2) véhicules dont celui du Sénateur Edwin ZENNY, immatriculé OF 00828, piloté par Edner COME, et une Land Cruiser grise, appartenant à Joseph LAMBERT, ont transporté six (6) boites de cocaïne de Jacmel à Ouanamithe. Cette drogue a été livrée à une autorité de la ville. Eddy JEAN, Berthony alias Tchampan, Alain MOÏSE, et moi-même nous nous trouvions dans le second véhicule.

8. Cacite BERTRAND, un cousin de ma mère a été tué à Peredo par Alain MOÏSE. Il était un commerçant. Il lui était reproché d’avoir des opinions politiques contraires à celles de l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT.

9. Dalbert Bertrand a été tué par Eddy jean, et Yvener Pompy, sur ordres du Sénateur Joseph lambert.

VII – Les ordres que j’ai choisi de ne pas exécuter

En février 2013, l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT m’a engagé pour assassiner le député Sorel JACINTHE. Il m’a donné une bouteille que je devais placer à l’intérieur ou sous le véhicule du Député Sorel JACINTHE, une Land Cruiser de couleur or. De plus, il m’a donné un portable avec, enregistré, un message vocal prétextant que le Député Anel BELIZAIRE avait communiqué avec le Député Sorel JACINTHE et qu’il lui avait fixé rendez-vous à La Saline.

j’ai aussi reçu pour mission de déposer, dans, le véhicule du Sénateur Moïse jean Charles, une cargaison de drogue pour qu’une arrestation soit orchestrée à l’encontre dudit Sénateur. j’ai commencé par exécuter ce travail. j’avais déjà en ma possession la drogue. Tout était planifié. j’ai finalement décidé de ne pas donner suite. De plus, je devais aussi procédé à l’identification et à l’exécution du Député Levaillant louis jeune avant le 29 avril 2013.

Selon toute vraisemblance, l’ex-Sénateur Joseph lambert tient à éliminer les Députés Sorel Jacinthe et Levaillant Louis Jeune en raison des déclarations de ces derniers sur les ondes de plusieurs stations de radio de la Capitale, selon lesquelles Vex- Sénateur ne peut vivre en Haïti sans le bénéfice de l’immunité parlementaire ou la couverture d’un pouvoir politique.

VIII.     Membres de l’appareil judiciaire impliqués dans les actes

Les chefs du gang KAKOS, savoir l’ex-Sénateur Joseph Lambert et le Sénateur Edwin Zenny contrôlent l’appareil judiciaire du Sud-est. Lorsque les membres du gang sont arrêtés, ils interviennent eux-mêmes et souvent, les membres du gang KAKOS sont remis en liberté.

IX.   Conclusion

Pour me pousser à exécuter ces ordres que j’ai choisi d’ignorer, l’ex-Sénateur Joseph Lambert m’a encore une fois promis sa Toyota Prado, une maison, un emploi pour moi et aussi un emploi pour ma femme.

Toutefois, je ne veux plus travailler pour l’ex-Sénateur et Conseiller Joseph Lambert ni pour le Sénateur Edwin Zenny. Lorsque j’en ai fait part à l’ex-Sénateur Joseph Lambert, ce dernier a passé aux autres membres du gang KAKOS, des instructions claires et précises pour que je sois exécuté. Je m’attends donc à mourir à n’importe quel moment. C’est pourquoi, pour l’histoire et pour la vérité, j’ai fait ce témoignage afin que nul n’ignore les dessous des jeux politiques en Haïti dont j’ai été victime, sous l’attrait du gain facile.

Fait à Port-au-Prince, le 23 avril 2013Vu uniquement pour la certification matérielle de la signature de Sherlson Sanon, connu encore sous le nom d’Andrebert Sanon, identifie au numéro 02­01-99-1988-12-00245 qui l’a apposée en notre présence, ce vingt trois avril deux mille treize.Port-au-Prince, le 23 avril 2013 Me Jean Beaubrun L. RONY Notaire Public

L’ASSOCIATION NATIONALE DES MÉDIAS HAÏTIENS (ANMH) S’ENGAGE DANS LA RÉSISTANCE À L’AUTORITARISME

L’ANMH dénonce officiellement la récente menace du nouveau chef du Parquet de Port-au-Prince contre la liberté de la presse

 

Publié le lundi 26 août 2013

ASSOCIATION NATIONALE DES MÉDIAS HAÏTIENS (ANMH)

NOTE DE CONJONCTURE

« En matière de presse, il n’y a pas de milieu entre la servitude et la licence. Pour recueillir les biens inestimables qu’assure la liberté de la presse, il faut savoir se soumettre aux maux inévitables qu’elle fait naître. Vouloir obtenir les uns en échappant aux autres, c’est se livrer à l’une de ces illusions dont se bercent d’ordinaire les nations malades…qui cherchent les moyens de faire coexister à la fois, sur le même sol, des opinions ennemies et des principes contraires. » Alexis de Tocqueville (De la Démocratie en Amérique II, 3).

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), offre à la réflexion de la nation et surtout à celle de nos dirigeants révisionnistes cette pensée de Tocqueville qui pourrait se résumer en utilisant la sagesse d’un proverbe haïtien. « Si’w renmen piman, fô’w renmen grenn an tou. »

L’ANMH dont l’une des missions consacrées par sa charte est de défendre les espaces de la liberté d’expression, exprime une vive inquiétude par rapport à la vision erronée du nouveau Commissaire du Gouvernement, Me Francisco René, quant à un droit consacré par la Constitution du 29 mars 1987, celui pour « tout Haïtien d’exprimer librement ses opinions en toute matière par la voie qu’il choisit. » (art.28).

Avec un excès de zèle anachronique, le nouveau serviteur du gouvernement prétend faire peser sur la nation la menace de perte de conquêtes fondamentales obtenues au prix d’une longue et infatigable lutte. L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) rappelle que le peuple haïtien dans sa grande majorité a voté en faveur d’un nouveau cadre de vie, la Constitution du 29 mars 1987 qui, même amendée dans des conditions obscures, continue de garantir aux citoyens un ensemble de droits inaliénables. Aucun fonctionnaire élu ou nommé ne saurait prétendre se substituer aux lois, aux institutions pour mettre en péril l’ensemble des garanties auxquelles le corps social est attaché et est prêt à défendre à tout moment, comme cela a été le cas en maintes occasions, ces dernières années.

Ni les citoyens qui s’expriment dans les médias exerçant en cela un droit constitutionnel, ni les journalistes et animateurs d’espaces de débat public ne doivent tomber dans le piège de l’intimidation des fantasmes du Commissaire Francisco René qui prétend se doter de pouvoirs indus, pour fermer l’espace démocratique. Tout citoyen a le droit d’utiliser son droit à la parole dans les limites consacrées par la Constitution et par les lois qui prévoient les mécanismes de recours en cas de préjudice à des tiers.

Si le peuple haïtien devait perdre son droit critique face aux dérives de nos dirigeants. Si quand ces derniers ne font rien pour mériter le respect des administrés, ceux-là ne pouvaient plus réagir par peur des représailles de serviteurs zélés du pouvoir ou d’autres instances occultes des services de sécurité dévoués à la répression et aux brimades comme on l’a connu pendant les pires moments de la dictature d’avant le 7 février 1986, Haïti aura alors perdu tous les acquis, toutes les luttes et conquêtes de vingt-sept années de jouissance des libertés publiques pour revenir sur les sentiers battus de l’État de non droit où le pouvoir ne pouvait souffrir aucune contradiction.

On n’est plus au temps de la dictature où les dirigeants avaient le statut de petit dieu. Aujourd’hui Haïti veut prétendre à des institutions fonctionnelles au sein desquelles nos représentants ont un comportement exemplaire et ne sont pas ceux-là même dont l’usage contraire du pouvoir inspire réprobation, colère et déception de la population dont le seul exutoire est l’exercice de son droit de parole pour dénoncer, déplorer, réclamer des attitudes conformes de nos dirigeants au sein de toutes nos institutions. C’est là justement que la liberté d’expression peut faire la différence pour porter à des changements d’attitude.

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) croit que l’usage de la liberté d’expression et la perception à tort ou à raison d’excès de langage dans les prises de parole par la population est symptomatique d’une réalité de malaise induite par des chefs atypiques qui sont les premiers à sortir des normes et de la dignité traditionnelle liée à leur statut.

L’ANMH appelle à la vigilance de chaque citoyen pour défendre jalousement son droit de s’exprimer sur la marche des choses dans son pays et s’engage auprès de la population à garantir la libre expression des uns et des autres dans le respect que nos dirigeants doivent être les premiers à faire l’effort de mériter.

Port-au-Prince, le 22 août 2013

Liliane Pierre-Paul
Présidente
ANMH

http://www.radiokiskeya.com

Jean-Bertrand Aristide sur le point d’être officiellement inculpé en Floride

Jean-Bertrand Aristide sur le point d’être officiellement inculpé en Floride

(Extraits)

 Une récente ordonnance de la justice fédérale des Etats-Unis dans le dossier des sociétés-écran de télécommunications américaines ayant soudoyé des responsables de l’ex-Téléco, vise particulièrement l’ex-Président Aristide.

M. Patrick Joseph, ex-directeur général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO, a pleinement coopéré avec le Département de la Justice dans cette affaire de corruption et de pots de vins il aurait fait d’importantes révélations sur l’attribution présumée de pots-de-vin à l’ancien Président Aristide dans cette affaire.

Ayant plaidé coupable devant un tribunal en Floride, ce dernier a été reconnu coupable d’avoir reçu des pots-de-vin alors qu’il était directeur-général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO. Il aurait révélé avoir partagé les pots-de-vin reçus avec l’ex-président Aristide. Il a été condamné à la prison aux États-Unis pour détournement et blanchiment d’argent.

Lors d’une audition le mois dernier en relation avec l’inculpation de Patrick Joseph, un procureur a soutenu que la moitié d’un montant de 1 million de dollars de pots-de-vin présumés a été remise à un « Officiel B » qui ne serait autre que l’ex- président Aristide lui-même.

Les pots-de-vin auraient transité par la « Digitek » dirigée par le beau-frère du président Aristide, Lesly Lavelanet et par la Banque centrale de la République d’Haïti, dont le gouverneur était alors M. Venel Joseph, père de Patrick Joseph.

Mais, les témoins disparaissent

Assigné comme témoin à comparaitre, M. Venel Joseph, s’apprêtait à se rendre aux autorités américaines dans le cadre de cette enquête judiciaire sur l’exploitation illégale du système d’appels internationaux de la TELECO par des sociétés-écrans basées aux États-Unis. Il a été assassiné quelques jours après que le Miami Herald ait ébruité le fait que son fils était passé aux aveux et qu’il avait fait des révélations compromettantes pour M. Aristide. Depuis, la sécurité de M. Joseph, (le fils) est devenue une affaire primordiale pour les autorités américaines et sa protection est maintenant assurée par le FBI et d’autres organismes fédéraux.

Rappelons que M. Venel Joseph a été gouverneur de la Banque de la République d’Haïti durant tout le second mandat du Président Aristide, soit de 2001 jusqu’à sa chute en 2004. Au cours de cette même période, son fils Patrick Joseph était directeur général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO.

Le Wall Street Journal qualifie l’assassinat de M.Venel Joseph de « meurtre sur commande ».

Lire l’article du Wall Street Journal

  « La mise à sac de la Teleco »

 

The Looting of Haiti Teleco

By MARY ANASTASIA O’GRADY

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Jean-Bertrand Aristide

A federal bribery case in Miami may shed light on how a well-connected U.S. firm operated during the Aristide years.

The slaying of a former director of the Haitian Central Bank in Port-au-Prince last week might at first seem like a random event in a violent country. But the shooting of Venel Joseph at the wheel of his car looks more like a hit job. It comes just days after the Miami Herald reported that Joseph’s son, Patrick Joseph, is a key witness in a federal bribery case in Miami involving alleged kickbacks paid by American telecom companies to Haitian officials. The younger Joseph, according to Herald sources, has fingered former Haitian President Jean Bertrand Aristide as one of those officials.

The indictment doesn’t name Mr. Aristide. But the Herald reported that lawyers familiar with the case said that an unnamed individual in the document— »Official B »—is « indeed the ex-president. » The Justice Department alleged in court that « Official B » and Patrick Joseph, who is a former director general of the government telecom monopoly Haiti Teleco, received kickbacks from U.S. companies in exchange for favorable pricing when terminating calls in Haiti. Mr. Joseph has pleaded guilty to taking bribes and is cooperating with Justice, according to the Herald article.

It is a case that ought to interest Americans, and not only because it means Mr. Aristide—who was, according to a detailed lawsuit filed by Haiti in civil court in South Florida in 2005, a notoriously corrupt strongman—might be brought to justice. That would be a step toward ending impunity in Haiti, which in turn would be good for political stability and for U.S. security interests in the hemisphere. Mr. Aristide’s American lawyer, Ira Kurzban, told the Herald that there is « not one shred of evidence » against his client in the indictment.

But for Americans there may be another even more important reason to pay attention: It is possible that by getting to the bottom of how Haiti Teleco operated during the Aristide years, investigators will finally uncover the details of the arrangement that Fusion Telecommunications—run by former Democratic Party Finance Chairman Marvin Rosen with Joseph P. Kennedy II and numerous influential Democrats on the board—had in Haiti during the Clinton years. That would be edifying, given how Bill Clinton inexplicably tolerated Mr. Aristide’s despotism even after the U.S. had restored him to power in 1994.

Back in those days, Haitians working for Teleco whispered to me of an alleged kickback scheme. Teleco was one of the few sources of hard currency for the country and they charged that the deal between Fusion and Mr. Aristide meant that the company was being looted. They claimed that Fusion had an office inside Teleco, was getting access to the Teleco network at a big discount, and was paying Mr. Aristide in return.

But there was no transparency at Teleco, and these brave patriots were afraid to go public with what they knew. It was only after Mr. Aristide was pushed from power by a popular revolt in February 2004 that the interim government could confirm that the company had been cleaned out.

In the fall of 2004 I was approached by Michael Jewett, a former telecom executive at New Jersey-based IDT. He alleged that he had been fired from the company for objecting to a bribery scheme similar to the one that had been described to me by Haitians regarding Fusion. He had filed a wrongful dismissal case that alleged that he was told to put payments in an offshore account for the benefit of Mr. Aristide. Federal Communications Commission records proved that Teleco had indeed given IDT a 66% discount to the official rate, but Mr. Jewett was never able to prove that Mr. Aristide was the beneficiary of the offshore account. IDT denied wrongdoing and eventually settled with him out of court.

That case prompted me to ask the FCC for copies of Fusion’s contracts. I was told that the file had disappeared from its record room. When the FCC asked carriers to send duplicates, Fusion said hurricanes had destroyed many of its records, and it produced only one document. Then it went to court to block me from seeing it. I used the Freedom of Information Act to prevail and learned that in 1999 Teleco had given Fusion a rate of 12 cents per minute when the official rate was 50 cents.

Joseph P. Kennedy II wrote in a letter published by the Journal that he was « not aware » of any wrongdoing on the part of Fusion. The company has long maintained its innocence, and it has not been charged. But the Justice Department now alleges in its indictment that other companies that received discounts paid kickbacks to get them.

Patrick Joseph could be the best hope that Haitians have of getting to the truth about Mr. Aristide and his American business partners. But sources say the former Teleco executive still has relatives in Haiti. If he fears for them, he could clam up. That would be one explanation for his father’s murder.

Write toO’Grady@wsj.com

 

Violentes manifestations dans la ville natale du Juge

Protestations anti-Martelly à l’Estère, des tirs de la police auraient fait plusieurs blessés

Publié le jeudi 18 juillet 2013

L’Estère, la commune natale du juge Jean Serge Joseph dans l’Artibonite (nord), a été le théâtre mercredi de vives protestations antigouvernementales ayant entraîné une intervention musclée de la Police Nationale, appuyée par des soldats de la mission onusienne (MINUSTAH), qui aurait fait plusieurs blessés, ont indiqué des témoins mercredi soir sur les ondes Radio Kiskeya.

« Il y a eu au moins sept blessés par balle, à la gorge, au pied ou à l’abdomen », a raconté Carlile Mélisson Lamour, coordonnateur de Action pour l’intégration du monde rural, une organisation membre du Conseil national des acteurs non-étatiques (CONANE) d’Edouard Paultre. Contraint dit-il de se réfugier dans un champ en raison des agissements de plusieurs dizaines d’agents de l’unité départementale de maintien d’ordre (UDMO, arrivés en provenance des Gonaïves, ce notable a vivement dénoncé la brutalité des forces de l’ordre qui, face à l’évolution de la situation, auraient privilégié la manière forte et se seraient lancées dans une véritable « chasse à l’homme ».

http://radiokiskeya.com/spip.php?article9666

Visionner la vidéo de la séance du 2 juillet 2013 au cours de laquelle il avait rendu une ordonnance demandant la comparution à la barre des témoins le Premier ministre Laurent Lamothe et plusieurs autres hauts fonctionnaires de l’État.

La POHDH et le RNDDH sollicitent une enquête du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)

Révélations de faits mettant en cause le doyen du Tribunal civil de la capitale dans les pressions exercées sur le magistrat

Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Port-au-Prince, le 16 juillet 2013

Aux Membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) En leurs Bureaux.-

Madame, Messieurs les Membres du CSPJ,

La Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) et le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) se font le devoir d’attirer votre plus sérieuse attention sur un cas typique d’accroc à l’indépendance du Pouvoir Judiciaire qui est de nature à saper tous les efforts consentis pour la mise en place du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), l’institution créée justement pour empêcher ces dérives.

En effet, le mardi 2 juillet 2013, Me Jean Serge JOSEPH, Juge et Juge d’Instruction au Tribunal Civil de Port-au-Prince a ordonné, dans le cadre du dossier pendant par devant lui, portant sur la participation présumée de la famille présidentielle à des actes de corruption, la comparution de Grands Commis de l’Etat à titre de témoins.

Juge Jean Serge Joseph –  – Séance du 2 juillet 2013

Onze (11) jours plus tard, soit le samedi 13 juillet 2013, Me Jean Serge JOSEPH est décédé. Selon les Médecins de l’Hôpital Bernard Mews, le Magistrat serait mort suite à un accident cardio-vasculaire.

Madame, Messieurs les Membres du CSPJ,

Avant son décès, le Magistrat Jean Serge JOSEPH a fait d’ importantes déclarations à ses proches ainsi qu’à d’autres Magistrats, affirmant qu’il a été l’objet d’énormes pressions de la part du Pouvoir Exécutif, pour revenir sur sa décision. Il a aussi confié que le Doyen près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Raymond JEAN MICHEL a servi de pont entre lui-même et les autorités politiques, notamment en lui rapportant les points de vue du Pouvoir Exécutif et en organisant des rencontres entre lui et les autorités politiques, offusquées par sa décision.

De plus, le RNDDH a pu recueillir les déclarations d’un homme de confiance du Magistrat défunt qui a affirmé avoir personnellement participé à la réunion du jeudi 11 juillet 2013, tenue au Cabinet de Me Louis Gary LISSADE avec la participation, entre autres, du Chef de l’Etat, Monsieur Michel Joseph MARTELLY, du Premier Ministre, Monsieur Laurent Salvador LAMOTHE et du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Maître Jean Renel SANON.

Par ailleurs, parmi les personnes auxquelles le Magistrat Jean Serge JOSEPH s’est confié avant sa mort se retrouvent la dame Kettely JULIEN de l’Institut Mobile d’Education Démocratique (IMED) ainsi que les Juges d’Instruction Berge O. SURPRIS, Jean Wilner MORIN et Bernard SAINVIL. Ces derniers, tenus aux obligations de réserve, ne peuvent se prononcer dans la presse, mais ne peuvent non plus refuser de révéler, au CSPJ ou à l’Assemblée des Juges, les informations portées à leurs connaissances.

Le cas du Juge Jean Wilner MORIN est particulièrement intéressant vu qu’il s’est entretenu avec le Juge Jean Serge JOSEPH avant et après la rencontre du jeudi 11 juillet 2013 et qu’il a aussi parlé avec le Doyen Raymond JEAN MICHEL de la rencontre susmentionnée et des confidences à lui faites par le Magistrat défunt. Ceci est d’autant plus important que le Doyen a nié dans la presse la tenue de cette rencontre.

Madame, Messieurs les Membres du CSPJ,

La POHDH et le RNDDH tiennent à souligner à votre attention que le Magistrat défunt est aussi un cultivateur de riz qui assurait la promotion de la qualité du riz de la Vallée de l’Artibonite, en faisant don, à ses collègues Magistrats, de sacs de riz. Le jour de la rencontre, soit le jeudi 11 juillet 2013, il a apporté au Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Me Jean Renel SANON, un sac de dix (10) marmites de riz Shelda. Son homme de confiance, entendu par le RNDDH, confirme avoir transposé personnellement ce sac de riz du véhicule du Magistrat défunt à celui du Doyen du Tribunal Civil de Port-au-Prince, Me Raymond JEAN MICHEL pour être remis à son destinataire, Me Jean Renel SANON. Il serait donc judicieux d’entendre cet homme de confiance qui est aussi un parent du Magistrat défunt.

Madame, Messieurs les Membres du CSPJ,

La POHDH et le RNDDH questionnent le fait qu’une rapide conférence de presse donnée autour de la mort du Magistrat Jean Serge JOSEPH, ait été planifiée par le Bureau de la Primature, qui, via le réseau de Messages BlackBerry (BBM), a lui-même invité la Presse à prendre part à ladite conférence tenue le dimanche 14 juillet 2013 au local de l’Hôpital Bernard Mews. Cette conférence a été donnée par deux (2) médecins étrangers dont l’un portait un bracelet rose, signe de son attachement au gouvernement MARTELLY / LAMOTHE.

Madame, Messieurs les Membres du CSPJ,

La POHDH et le RNDDH jugent inconcevable que le Pouvoir Exécutif s’immisce dans le traitement d’un dossier par un Magistrat, en usant de stratagèmes, de subterfuges pour le rencontrer et de menaces ouvertes pour l’influencer dans ses prises de décision.

La POHDH et le RNDDH jugent inacceptable qu’un Doyen d’un Tribunal puisse prendre la responsabilité d’amener un Juge dans un Cabinet d’Avocats ou de planifier des rencontres avec des autorités politiques pour décider à l’avance des suites à donner à un procès. En ce sens, la POHDH et le RNDDH recommandent vivement au CSPJ de former une commission d’enquête autour de la question, d’entendre les Magistrats Raymond JEAN MICHEL, Bernard SAINVIL, Jean Wilner MORIN et Berge O. SURPRIS ainsi que tous les proches du Magistrat décédé Jean Serge JOSEPH ce, dans le but de fixer la responsabilité des uns et des autres dans cette affaire.

Espérant que prompte suite sera donnée à la présente, la POHDH et le RNDDH vous prient de recevoir Madame, Messieurs les Membres du CSPJ, l’expression de leurs respectueux hommages.

Pierre ESPERANCE Directeur Exécutif RNDDH

Antonal MORTIME Secrétaire Exécutif POHDH

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9662

JOSEPH LAMBERT CONTRE-ATTAQUE

Contre-attaque de Joseph Lambert après les graves accusations portées contre lui et d’autres personnes, en rapport avec des crimes et le trafic de la drogue

Il s’en prend au RNDDH et promet de porter le dossier à son extrême limite

Le conseiller présidentiel et ex sénateur du Sud-est Joseph Lambert a réagi mardi aux graves accusations portées contre lui par le nommé Sherlson Sanon qui se présente comme un de ses hommes de main, faisant partie d’un gang qu’il dirige et qui est impliqué autant dans des crimes de sang que dans le trafic illicite des stupéfiants.

Joseph Lambert déclare n’avoir jamais connu l’individu en question. Il affirme ignorer les faits (crimes et trafic de drogue) auxquels Sanon l’associe dans les révélations qu’il a faites par-devant notaire au siège du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

Pour Lambert, les déclarations de l’individu en question représentent une énième tentative de l’abattre politiquement, surtout à la veille de nouvelles élections législatives auxquelles il compte participer.

A l’instar du sénateur Edwin Zenny (Sud-est), également dénoncé par Sanon, Joseph Lambert s’en prend au directeur exécutif et à la responsable de programme du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance et Marie Yolène Gilles. Il les accuse d’être les instigateurs du « montage politique » destiné à le discréditer. Il leur propose un débat public au cours duquel il les « déshabillerait ». Dans le même temps, Lambert remercie ces derniers du fait que, selon lui, les révélations de Sherlson Sanon auraient remonté sa cote dans le Sud-est où le mécontentement est général, même parmi les plus réticents par rapport à sa candidature au Sénat. Il reproche au RNDDH d’avoir fait beaucoup de tort au pays. Il cite en exemple le dossier de l’accusation de viol contre Me Josué Pierre-Louis qui n’aurait visé, à son avis, que la chute de ce dernier de son poste de président du Conseil électoral permanent. Il accuse Mme Gilles d’être impliqué dans la « machination » pour le compte de son « amant » dont il s’est gardé de révéler le nom.

Le conseiller présidentiel déclare s’être rendu à Santo Domingo pour recueillir des informations de l’hôtel où le bandit affirme avoir été hébergé par lui, par deux fois, après la perpétration de certains crimes. En 1999, lors de l’un de ces crimes, Sherlson Sanon devait avoir 11 ans, selon Lambert. Il devra alors expliquer comment un hôtel a pu héberger un mineur pendant 3 mois, a-t-il déclaré, précisant qu’il revient du territoire voisin les mains chargées.

En ce qui concerne l’assassinat de la française Céline Moulier et de son père dont Lambert serait le commanditaire selon Sanon, l’ex-sénateur fait remarquer qu’une ordonnance judiciaire a été prise et la justice dispose d’aveux des auteurs du crime qui seraient en prison.

Il prend Sanon à défaut sur un autre point concernant un convoiement de drogue destiné en 2006 à l’ex-sénateur Fourel Célestin qui était détenu depuis 2004 aux Etats-Unis pour trafic de drogue.

En réaction aux propos de Edwin Zenny et de Joseph Lambert, l’avocat de Sherlson Sanon, Me Mario Beauvoir (ex-commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de la Croix-des-Bouquets), déclare que son client est prêt à les confronter au Cabinet d’instruction.

Dans une interview accordée mardi à Radio Kiskeya, Me Beauvoir déclare disposer d’arguments solides pour contrecarrer ceux que Lambert croit avoir réunis pour se défendre. Il appelle le chef de l’Etat à éviter d’entraver le pouvoir en tolérant des individus douteux dans son entourage. Il ferait mieux de les mettre à disposition de la justice, a-t-il conclu. [jmd/RK]

http://radiokiskeya.com/spip.php?article9644

Visionner ci-dessous le point de presse de Lambert suivi des répliques argumentées qui lui ont été opposées par Pierre Espérance du RNDDH, par Me Mario Beauvoir l’avocat de Sherlson Sanon et par Me Mario Joseph