LA TERRE SOUS PRESSION

Très bon documentaire où la terre est présentée comme un super-système très complexe grâce aux nombreux satellites et missions spatiales

(Regardez  en  mode plein écran)

La technologie actuelle nous permet, grâce aux nombreux satellites et missions spatiales, de voir la Terre d’une façon différente et plus précise.

Les courants marins contenant nutriments ou planctons, les vents de sable, les nuages de vapeur ou de volcan, les radiations électromagnétiques sont visibles grâce à ces millions d’informations collectées dans l’espace.

Les images satellites permettent de regarder respirer l’immense forêt amazonienne, écosystème unique dont les scientifiques commencent à peine à comprendre le fonctionnement.

Grâce à elles également, un ouragan observé de l’intérieur, apparaît comme une structure extrêmement bien organisée capable de transformer l’océan en énergie.

Ainsi, l’équilibre fragile de l’atmosphère et de la vie sur Terre se dessine sous nos yeux. Ce film invite le téléspectateur à s’émerveiller devant ces images et à s’interroger sur l’évolution de notre planète.

 

 

 

 

Haïti survivra-t-elle ?

 

Haïti survivra-t-elle ?

par Pierre D. EDUGÈNE

« Il est dangereux de ne pas connaître la réalité du monde dans lequel on vit. »

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Après avoir connu tant de convulsions politiques et tant de cataclysmes dans son histoire récente, Haïti était en droit d’espérer des lendemains meilleurs, beaucoup plus reluisants. Mais les perspectives d’avenir, à court, à moyen et à long terme, ne sont guère rassurantes. Et les problèmes ne seront pas uniquement d’ordre politique.

Lorsqu’une majorité de chefs d’État de la planète se réunit, alliés et adversaires confondus, pour parler exclusivement d’un sujet, autre que les habituelles questions économiques ou de problèmes relatifs à la sécurité de leur région, cela est symptomatique d’un problème majeur. La situation doit être suffisamment inquiétante qu’elle requiert une attention soutenue et immédiate de la part de ces chefs d’État. La dernière fois qu’une conférence du genre avait eu lieu, c’était en 2009 à Copenhague. Un sommet extraordinaire sur le sujet, convoqué d’urgence et réunissant cent vingt chefs d’État, se tenait ce 23 septembre 2014 au siège de l’ONU sous l’égide du secrétaire général de l’organisation, M. Ban Ki Mon. Ce n’est pas un fait divers. En pareille circonstance, le commun des mortels se doit d’être alerté. Un nouveau tête-à-tête, toujours autour du même problème, est prévu l’an prochain, à Paris. L’objet de ces retrouvailles : la décomposition accélérée du climat. Les lois qui régissaient le climat de la terre sont en train d’être déréglées plus vite que prévu. Certains événements attendus dans une cinquantaine d’années se produisent maintenant. Le problème, c’est le rythme de progression du phénomène. Les effets se font ressentir de plus en plus intensément dans plusieurs régions du monde et commencent à avoir de nombreuses conséquences sur l’ensemble de la planète. Ce qui risque d’ébranler sérieusement les fragiles équilibres mondiaux non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et politique.

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Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, beaucoup de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires. L’influence de l’homme sur le système climatique est clairement établie. L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la couverture de neige et de glace a diminué, le niveau des mers s’est élevé et les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté. Dans le futur, la vulnérabilité ne dépendra pas seulement des changements climatiques mais aussi des voies de développement. GIEC, 2013 : Résumé à l’intention des décideurs, Changements climatiques 2013 : Les éléments scientifiques.

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Tous, nous avons entendu parler du dérèglement climatique. Planète en crise, planète malade : ces expressions et qualificatifs, en effet, ont été souvent utilisés pour décrire la nouvelle problématique environnementale mondiale. Nous avions lu des articles (en diagonale pour certains) ou avions visionné des documentaires consacrés à ce sujet. Puis, sans trop se sentir concerné, chacun a continué à vaquer à ses occupations. Pourtant, des répercussions perceptibles de ce phénomène sont déjà à l’œuvre en Haïti même. Selon ce qui ressort de plus récentes recherches scientifiques, un drame silencieux et insidieux se noue actuellement dans les océans et menace particulièrement les petits États insulaires, dont Haïti. Le niveau des mers ne cesse de s’élever. Et la surélévation de l’océan est de trois à quatre fois plus rapide dans le bassin des Caraïbes. Il y a des régions qui sont beaucoup plus à risque que d’autres. Il existe des zones dites à « faible risque », des zones à « risque élevé » et des zones à « risque extrême ». Le bassin des Caraïbes, les Philippines, l’Indonésie et la Polynésie sont situés dans des zones à « risque extrême ».  Il s’agit d’un danger qui menace la viabilité de certains États et qui risque de provoquer l’effondrement complet de certains autres.

Aussi, Haïti est-elle directement concernée par ce problème. En tant que petit État insulaire, elle est classée parmi les pays, dont la population, les infrastructures, les terres agricoles et les ressources en eau potable sont les plus vulnérables du fait plus particulièrement de l’élévation du niveau de la mer. Mieux : certaines organisations la font figurer en quatrième position de l’index de vulnérabilité des nations au monde qui ont déjà pâti et auraient encore à souffrir le plus sévèrement des conséquences du dérèglement climatique.

Au début du mois de novembre 2013, l’institution Germanwatch (qui dépend en partie du gouvernement allemand) a, quant à elle, placé Haïti en deuxième position des pays qui seront les plus vulnérables aux graves perturbations du réchauffement en cours de la planète.

Index de vulnérabilité des nations au changement climatique

                       Index de vulnérabilité des nations au changement climatique

Bien sûr qu’Haïti ne pourra pas s’en sortir, seule, de ce problème colossal. Le phénomène est mondial. Mais il faudrait tout au moins qu’elle commence sérieusement par s’en préoccuper. Des cyclones de même intensité peuvent frapper la République dominicaine, Cuba et Haïti, les dégâts matériels et humains seront nettement toujours plus importants en Haïti. Ce n’est pas un hasard.

Le but de ce texte est donc de sensibiliser l’opinion, d’informer la population des risques qu’elle court, d’alerter les pouvoirs publics, de les inciter à mettre en place des stratégies de parade et à intégrer  les conséquences du dérèglement climatique dans les programmes d’investissement et dans le processus de développement afin de doter le pays d’une certaine capacité de résilience et par souci de réduire la vulnérabilité de la population et de nos infrastructures face aux impacts prévisibles du   réchauffement climatique. L’intention n’est surtout pas de susciter la panique. Le réchauffement climatique ne procède pas de spéculations catastrophistes, mais de faits scientifiques solidement établis. Il ne découle pas non plus de parti-pris idéologique ou de positionnement politique. Dans cette affaire, la partisannerie devrait être écartée et il serait bon de dégager un consensus le plus large possible autour de la question. Car c’est un problème qui engage le pays tout entier et la société dans son ensemble.

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Le changement climatique est une épée de Damoclès suspendue sur la tête du pays. On en parle peu en Haïti. Et pour cause. Le dérèglement climatique est un phénomène très complexe et sa compréhension requiert quelques efforts cérébraux. La lecture des documents sur le sujet n’est pas trop limpide.  C’est de la science. Les textes sont en anglais et font en moyenne un millier de pages. De plus, ils sont écrits dans un langage hautement scientifique (particulièrement le 1er volet du Rapport 2013 sur « les éléments scientifiques » du premier Groupe de travail GT 1) du GIEC[1] Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (3000 scientifiques). Avec des phrases du genre: « within each pressure triangle, Gaussian low-pass filtered curves and estimated linear trends of the 99th percentile of these geostrophic wind speeds for winter are shown… », Ce n’est pas évident pour un non-initié. Les scientifiques en général n’écrivent pas pour un large public, mais pour un cercle restreint. À l’inverse des politiques, ils ne savent pas communiquer. Il y a donc des lacunes à combler au niveau de l’information. Autant pour les populations exposées que pour les décideurs institutionnels. L’information étant une des étapes clés dans le processus de décisions et de mise en place d’une politique de prévention et de réduction des risques de catastrophe, quelques-uns doivent se charger de la relayer et de partager les informations.

Avant d’examiner plus en profondeur le cas d’Haïti et pour garantir la véracité de nos propos, il nous a paru nécessaire de procéder à une revue sommaire des déclarations des principaux leaders politiques mondiaux et à une rapide synthèse des conclusions de certains rapports scientifiques notamment celui du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC 3000 scientifiques), le rapport de la Maison-Blanche et celui de la Banque Mondiale.

Sachant qu’il est important pour bien appréhender un problème, d’être au préalable en mesure de l’identifier et d’en comprendre les causes, nous serions amenés à expliciter certains aspects scientifiques contenus dans les rapports d’évaluation précédemment cités. Toutefois, notre objectif étant d’éveiller les consciences à l’imminence d’un danger potentiel, nous essaierons d’éviter au maximum l’emploi de mots savants. Après la lecture de l’article, même le lecteur le moins averti des questions climatiques sera édifié et devrait même être en mesure d’éclairer la lanterne d’autres personnes. C’est notre vœu. Quoi qu’il en soit, il est crucial de comprendre le problème. Nous essaierons de le décrypter quelque peu pour vous.

Ensuite, nous verrons pourquoi Haïti figure en aussi bonne place sur la liste des pays qui devront faire les frais de ce dérèglement climatique et si de ces milliers d’îles dont les scientifiques pensent qu’elles seront englouties par la mer,  Haïti en fait partie.

Le danger est réel et il est déjà à l’œuvre

C’est Ban Ki Mon, le Secrétaire général des Nations unies, qui l’affirme. « Pendant trop longtemps, dit-il, nous avons sous-estimé l’urgence du changement climatique. Il est temps de se réveiller … Le changement climatique est réel, il ne connaît pas de frontières … . Pourtant même à l’heure actuelle, peu de personnes réalisent vraiment la gravité de la menace ou son immédiateté. Maintenant, je crois que nous sommes au bord de la catastrophe si nous n’agissons pas».

Dans le même registre, le ministre français des Affaires Étrangères M. Laurent Fabius récemment en visite en Chine a fait l’annonce suivante : «Il est minuit moins cinq pour le climat. Nous avons 500 jours pour éviter une catastrophe climatique. C’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu dans cette affaire ».

L’on pourra citer également un autre ministre des Affaires Étrangères, l’américain M. John Kerry. Dans un sens, a-t-il dit, lors de sa visite en Indonésie, « le changement climatique peut être considéré comme une autre arme de destruction massive, peut-être l’arme la plus terrifiante ». Une menace plus importante que « le terrorisme, les épidémies, la prolifération des armes de destruction massive. » En ce qui a trait à la dangereuse élévation du niveau de la mer, il a ajouté qu’une hausse du niveau de la mer de un mètre « suffirait à engloutir la moitié de Jakarta ». Signalons au passage que la superficie de Jakarta, la capitale de l’Indonésie, est de 664 km². Celle de Port-au-Prince, la plus grande ville d’Haïti, si cela peut donner une idée, ne fait jamais que près de 38 km².

La dégradation du climat n’est pas seulement une source de préoccupations majeures des leaders politiques mondiaux. Le sujet est placé au premier rang des préoccupations des militaires, des banquiers, des assureurs et des grandes entreprises transnationales, telles que Nestlé, Apple, Acer, Symantec, Levy Strauss, Autodesk, General Motors Company, Microsoft, Unilever, etc.  Aux dires de ces dernières, « le dérèglement climatique fait peser une véritable menace sur la santé et la prospérité de leur pays, de leur communauté et de leurs familles. » Pour ces grandes multinationales, « il n’est pas question de fonder un vain espoir dans le fait que tous ces scientifiques pourraient bien se tromper, » affirment-elles dans un communiqué conjoint.

Dans un rapport rendu public le lundi 13 octobre 2014, le Pentagone s’alarme des « risques immédiats » que posent les effets du changement climatique pour la sécurité nationale des États-Unis et leurs opérations militaires dans le monde. Face au changement climatique, l’armée doit se tenir prête. « Nous avons déjà vu ces événements se produire dans d’autres régions du monde, et il existe des signes inquiétants qui laissent penser que le changement climatique peut mettre gravement en danger la stabilité de notre propre hémisphère« . « Dans les Caraïbes, à cause de la hausse du niveau de la mer … certaines îles devraient être complètement évacuées » a déclaré ce même lundi le ministre américain de la Défense Chuck Hagel lors d’une conférence réunissant les ministres de la Défense du continent américain au Pérou.

Une menace planétaire sérieuse et préoccupante

Le 6 mai 2014 paraissait pour le compte de la Maison-Blanche, un rapport d’évaluation du climat aux États-Unis, « The National Climate Assessment ». Selon ce rapport de près d’un millier de pages rédigées par plus de 300 scientifiques et experts, le changement climatique attribuable à « l’effet de serre » autrefois considéré comme un problème lointain s’est soudainement installé dans le présent. Il est passé de l’état d’une menace lointaine au stade de danger actuel. Et aucun Américain ne sera épargné, souligne le rapport. Ce dérèglement climatique est en train de transformer notablement America the beautiful, l’Amérique la Superbe en une affreuse Amérique, houleuse et dangereuse, ont titré en manchette certains médias américains à la sortie du document.

Selon un des auteurs principaux de ce rapport M. Don Wuebless. « Il ne s’agit pas de se demander si le climat est en train de changer. Non seulement il est en train de changer, mais il change à un rythme dix fois plus rapide qu’on ne l’avait prévu… Les températures moyennes ont augmenté de près de 2° depuis le début du siècle dernier, et pourraient augmenter de 10° d’ici la fin du siècle ; le niveau des mers pourrait s’élever jusqu’à deux mètres ; les villes côtières sont inondées plus régulièrement lors des tempêtes et des marées hautes ; les localités à l’intérieur des terres proches des grandes rivières connaissent davantage d’inondations ; les étés sont plus longs et plus chauds et les périodes de chaleur inhabituelle durent plus longtemps. Ce qu’aucun américain vivant n’avait jamais connu ; les hivers sont généralement plus courts et plus chauds, les averses sont plus fortes ; les tempêtes géantes semblables à Sandy deviendront monnaie courante …et cela devra s’aggraver tout au long de ce siècle et au-delà », indique le rapport qui conclut en exhortant le peuple américain “de se préparer à faire face aux conséquences incalculables du dérèglement climatique. »

De son côté,  le président Obama a déclaré ceci : « La réalité du changement climatique est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre de nier. Ce sera un des défis les plus périlleux auquel la nation américaine aura à faire face ».

Deux mois avant la parution du rapport d’évaluation du climat aux États-Unis, soit le 31 mars dernier, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, le GIEC, avait rendu public le deuxième volet de son cinquième rapport sur le dérèglement climatique sous la forme d’un résumé à l’intention des décideurs. Leur constat était sans appel. Notre planète « suit une mauvaise trajectoire ».

Selon le GIEC «l’élévation du niveau de la mer devrait intensifier les inondations, les ondes de tempête, l’érosion et d’autres phénomènes côtiers dangereux (submersion partielle ou totale de vastes régions côtières) menaceront les infrastructures, les établissements humains et les installations vitales pour les populations insulaires ».  Et il y a « plusieurs raisons de s’inquiéter », à cause de « de la montée alarmante du niveau de la mer qui entraînera une reconfiguration mondiale des côtes, des milliers d’îles qui seront submergées, des réfugiés climatiques par centaines de millions, des sécheresses sévères, de la réduction significative  des eaux de surface et souterraines, de la réduction drastique des récoltes agricoles, des cyclones nettement plus intenses, de l’insécurité alimentaire qui pourrait toucher des milliards de personnes, des risques de conflits violents entre États, de l’aggravation de la montée de la pauvreté, les chocs économiques,  la résurgence de virus et des conséquences incommensurables non encore prévisibles ou chiffrables »


[1] Le GIEC est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’ONU. Il est la référence internationale en matière de climat. Il a été créé en novembre 1988, à la demande du G8 par deux organismes de l’ONU : l’Organisme de météorologique mondiale (OMM) et par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). L’une des principales activités du GIEC consiste à procéder, à intervalles réguliers, à une évaluation de l’état des connaissances relatives aux changements climatiques. Le GIEC élabore aussi des rapports spéciaux et des documents techniques sur des sujets qui nécessitent des informations et des avis scientifiques indépendants

Élévation du Niveau de la mer de 1993 à 2013

Courtoisie NASA

Courtoisie NASA

Le rapport indique que « d’ici le milieu du siècle les changements climatiques devraient réduire les ressources en eau dans de nombreuses îles, par exemple dans les Caraïbes et le Pacifique, à tel point que la demande ne pourra plus être satisfaite pendant les périodes de faible pluviosité ». Que dire alors pendant les périodes de sécheresse, sommes-nous tentés d’ajouter ?

Les experts du GIEC certifient que leurs prévisions sont basées sur près de dix mille (10.000) travaux de recherche et sur des modélisations informatiques et mathématiques dans lesquelles ils ont une « confiance accrue ». Dans la majorité des cas, les faits sont clairement établis. D’après eux, l’évaluation de la probabilité de survenance pour l’ensemble de ces événements est associée avec un degré de confiance élevé (95 %).  Ils affirment que « les effets cumulés de changements continus dans l’environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduiront par des changements brutaux et irréversibles ».

Aussi, dans le «Résumé à l’intention des décideurs » les experts du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) préviennent que : « De nouvelles émissions de gaz à effet de serre impliqueront une poursuite du réchauffement et des changements affectant toutes les composantes du système climatique. Pour limiter le changement climatique, il faudra réduire notablement et durablement les émissions de gaz à effet de serre. » GIEC, 2013: Résumé à l’intention des décideurs, Changements climatiques 2013: Les éléments scientifiques. {6, 11–14}

Les experts accentuent cette notion de seuil à ne pas dépasser. La hausse de la température moyenne de la planète due aux émissions de « gaz à effet de serre » dans l’atmosphère doit être circonscrite à moins de 2℃ par rapport à l’ère préindustrielle. Ce sur quoi d’ailleursles dirigeants du monde s’étaient d’ailleurs engagés en 2009 à Copenhague. Au-delà de ce seuil, on pourrait franchir un « point de basculement », c’est-à-dire un point de non-retour. Ce sera fort probablement l’emballement du climat. Ce qui nous précipitera en même temps dans un autre monde.

Un monde tellement différent qu’il est difficile de le décrire

Cette affirmation ne vient pas de nous. Elle émane du président du groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Ki s’exprimant dans le préambule d’un rapport préparé pour la Banque par le respectable Potsdam Institute for Climate Impact Research et Climate Analytics et intitulé «Turn Down The Heat: Why a 4°C Warmer World Must be Avoided  » – [Baissons la chaleur : pourquoi il faut absolument éviter une élévation de 4°C de la température de la planète]

Nous retiendrons pour vous deux déclarations solennelles et documentées de ce rapport et nous ne croyons pas devoir ajouter le moindre commentaire à cet exposé des faits, car cela résume de manière éloquente la situation.

1) – « Si les promesses ne sont pas tenues (limite des 2°C), une élévation de température de 4°C pourrait intervenir dès les années 2060. Et même si le réchauffement climatique est limité à 2°C, le niveau moyen du niveau de la mer pourrait continuer à monter à l’échelle planétaire, certaines estimations prévoyant une élévation de 1,5 à 4 mètres au-dessus des niveaux actuels… Pour contenir la montée des eaux au-dessous de 2 mètres, il faudrait probablement réussir à maintenir le réchauffement nettement au-dessous de 1,5°C ». Une élévation de la mer d’environ cinquante centimètres suffit seulement pour inonder un bon nombre des grandes métropoles du monde, croient la plupart des experts scientifiques.

2) –  « Si le réchauffement climatique mondial approche ou dépasse les 2 °C, cela risque de déclencher des éléments de basculement non linéaires : par exemple, la fonte de la calotte glacière de l’Antarctique occidental, qui donnerait lieu à une élévation plus rapide du niveau des mers, ou le dépérissement de la forêt amazonienne, qui affecterait énormément les écosystèmes, les fleuves, l’agriculture, la production énergétique et les moyens de subsistance. De tels phénomènes viendraient encore renforcer le réchauffement mondial du XXIe siècle et auraient une incidence sur des continents entiers. » Pour ne citer que cela.

Aussi, selon le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim « Nous pouvons et nous devons éviter une hausse de 4 degrés. Il faut limiter le réchauffement à 2 degrés. Si nous n’agissons pas suffisamment contre le changement climatique, nous risquons de léguer à nos enfants un monde radicalement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire » avertit le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

Des îles disparaitront

Selon un responsable scientifique du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), Mme Jacqueline Mc Glade : « Certaines îles sont en grand danger de disparition dans les décennies à venir, car elles pourraient facilement perdre la protection de leurs côtes assurée par les récifs coralliens, souffrir de tempêtes et de la hausse du niveau de la mer… Toutefois c’est le changement climatique qui aura le plus fort impact et son atténuation ne fera que retarder l’incursion inexorable de la mer à l’intérieur des îles.»

Ici il conviendrait peut-être d’apporter certaines précisions. Certaines îles sont dans une meilleure position que d’autres.  Ainsi en est-il des îles continentales, on les appelle d’ailleurs des îles-continents, par ce qu’a un certain moment de la durée, elles étaient rattachées à un continent. C’est le cas de la Grande-Bretagne, de l’Australie, de l’Irlande, de Madagascar, etc. Ces îles-là ne sont pas menacées à court ou à moyen terme d’être englouties par la mer, même si elles sont tout aussi bien vulnérables.

Ensuite il y a les îles dites océaniques. L’océan les a pondues et fait éclore. Souvent, elles apparaissent à la suite de processus de refroidissement et de solidification de coulées de lave provenant d’éruptions de volcans. Ou encore à la suite de mouvements tectoniques, d’épisodes d’entrechoquement de plaques océaniques entre elles, des fois glissant l’une sous l’autre, créant ce qu’on appelle une dorsale qui émerge à la surface. Ce sont surtout ces îles qui sont menacées de totale submersion, comme il en va dans la déclaration du responsable scientifique du PNUE entre autres.VOLCANS chapelt

Relief sous-marin allongé, large de quelques centaines de kilomètres, dominant de 2000 à 3000 mètres les plaines abyssales et situé généralement à plus de 1 000 m de profondeur ; parfois la dorsale émerge. En son milieu, apparaît habituellement un fossé d’effondrement dénommé rift au centre duquel s’observe une activité volcanique (Source : Atlas des Espaces océaniques)

Haïti, en principe, fait partie de ces îles océaniques. Mais il y a une spécificité haïtienne. Là encore. Bien qu’appartenant à l’arc insulaire des Grandes Antilles, Haïti, compte tenu de sa formation géologique et de ses caractéristiques géochimiques, semble ne pas répondre totalement à la définition classique de cette catégorie d’îles. La terre d’Haïti n’a pas de tout temps été à cette place. Elle a fait du chemin.

 Il y a trois ans, une équipe de chercheurs de l’Université de Floride ont mené des enquêtes de terrain en Haïti. Ils ont été comme abasourdis par les résultats de leurs recherches qui ont été publiés dans un article paru dans la revue scientifique Nature Geosciences, « Ancient lithospheric source for Quaternary lavas in Hispaniola » [1].

Ils ont découvert que les roches d’Haïti dataient de plus d’un milliard d’années. Or, jusqu’à cette découverte, les géologues croyaient qu’Haïti, comme la plupart des autres îles de la région, n’était âgée que de 150 millions d’années. Ils ont ensuite noté que les caractéristiques chimiques de ces roches ne se retrouvaient dans le substrat rocheux d’aucune autre île de la Caraïbe.  En revanche, ils ont constaté que la signature isotopique de ces roches (sorte d’ADN inorganique comme le décrit G. Kamenov l’un des auteurs principaux de l’étude) était identique à celle qu’on retrouve ordinairement dans des roches de régions stables situées à des milliers de kilomètres de là, à l’intérieur d’un continent. En creusant un peu, l’équipe de chercheurs a fini par découvrir qu’en fait, Haïti repose sur le fragment d’un ancien supercontinent : le Gondwana[2] formé il y a 600 millions d’années et qui lors de sa dislocation en plusieurs blocs, il y a 200 millions d’années, aurait laissé échapper un fragment qui a dérivé sur une distance de plus de 1000 à 1500 km pour former le socle de cette île aujourd’hui partagée par les deux républiques : Haïti et la République Dominicaine. Conclusion : au plan géologique, une partie d’Haïti serait donc à composante continentale. Mais, est-ce un facteur qui pourrait prévenir l’île d’être engloutie par les eaux. Nous verrons plus loin?


[1] Kamenov, G.D., Perfit, M.R., Lewis, J., Goss, A.R., Arevalo, R., and Shuster, R.D., 2011, Ancient lithospheric source for Quaternary lavas in Hispaniola. Nature Geoscience 4, 554–557 (2011) doi: 10.1038/ngeo1203 10 July 2011

[2] Le Gondwana

Au commencement, il n’y avait qu’un seul continent. Une seule masse que les géographes ont baptisée du nom de la Pangée. Puis ce bloc s’est disloquée en deux parties pour former de supercontinents : l’un au nord dénommé Laurasia ; l’autre au sud dénommé Gondwana. Ce supercontinent s’est lui-même ensuite disloqué pour former d’autres continents dont l’Afrique, l’Australie, l’Antarctique l’Amérique du Sud, etc. En regardant le tracé du littoral de chacun de ces continents on s’aperçoit qu’ils peuvent s’emboîter l’un dans l’autre.

À suivre

Haïti survivra-t-elle : Une vérité invraisemblable  (2ème partie)

http://natureisspeaking.org/theocean.html

 

COMPRENDRE LES CYCLONES

Qu’est-ce qu’un cyclone ?

Chaque année, les régions tropicales sont le siège de violentes perturbations atmosphériques communément appelées « cyclones ». Ces phénomènes tourbillonnaires, de pression centrale très basse, tournent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère sud et dans le sens contraire dans l’hémisphère nord. Ils mesurent de 500 à 1000 km de diamètre et sont pourvus d’un centre visible sur les images satellitaires : l’œil du cyclone. D’un diamètre de 30 à 60 km en général (parfois jusqu’à 150 km), cet oeil est une zone d’accalmie : pas de pluie, vent faible.

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La zone autour de l’œil est constituée de cumulonimbus dont le sommet atteint 12 à 15 km d’altitude. Ce « mur » de nuages produit les effets les plus dévastateurs : les vents y soufflent jusqu’à 300 km/h et les pluies y sont diluviennes.

Les cyclones provoquent également des phénomènes maritimes très dangereux :
– une houle longue générée par le vent et qui se déplace plus rapidement que le cyclone, elle est parfois observée jusqu’à 1 000 km à l’avant du cyclone.
– une surélévation anormale du niveau de la mer, connue sous le nom de « marée de tempête« , le phénomène le plus meurtrier associé aux cyclones.
Bien que la vitesse des vents soit impressionnante autour du centre, le cyclone ne se déplace qu’à 20 ou 30 km/h en moyenne.

Classification des cyclones

L’intensité d’un cyclone est déterminée par la force du vent. Lorsque la vitesse du vent de la perturbation dépasse les 63 km/h, le centre météorologique responsable de la zone concernée lui attribue un prénom qui sera utilisé dans les bulletins météorologiques. Chaque pays est sollicité pour fournir un ou plusieurs prénoms.

On distingue ainsi trois classes de phénomènes cycloniques :
– si le vent est inférieur à 63km/h, c’est une dépression tropicale,
– si le vent est compris entre 63 et 117km/h,  c’est une tempête tropicale,
– si le vent dépasse 117km/h, l’intensité cyclone est atteinte.
On désigne ce phénomène sous le vocable d’ouragan dans les Caraïbes, de cyclone tropical à La Réunion ou de typhon dans le Nord-ouest du Pacifique.

L’échelle de Saffir-Simpson classe les cyclones en 5 catégories selon la force des vents maximum et l’ampleur des dégâts potentiels :

Echelle de Saffir-Simpson

 Classe

 Vents maximum compris entre

 1

 118 et 153 km/h

 2

 154 et 177 km/h

 3

 178 et 209 km/h

 4

 210 et 249 km/h

 5

 Dépassant 249 km/h

Catégorie des super-cyclones

Conditions de formation

Chaque année, environ 80 tempêtes tropicales ou cyclones tropicaux (accompagnés de vents supérieurs à 117 km/h) se forment sur le globe au-dessus des eaux tropicales. Pour qu’un cyclone se développe, la température de l’océan doit être supérieure à 26°C dans les 60 premiers mètres. Une température élevée permet une évaporation intense et des transferts d’humidité de l’océan vers l’atmosphère. Ce transfert est à son maximum à la fin de l’été lorsque les eaux de surface atteignent 28 à 29°C. Ce besoin en eau chaude explique qu’il ne se forme généralement pas de cyclone en Atlantique sud ainsi que dans le Pacifique sud-est (où les eaux sont relativement froides) et qu’ils s’affaiblissent rapidement en pénétrant à l’intérieur des terres.

La saison cyclonique s’étend habituellement de juin à octobre aux Antilles et de novembre à avril dans l’hémisphère sud (Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie Française, La Réunion, Wallis et Futuna).

La veille cyclonique

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) coordonne la veille cyclonique au plan international. Elle a désigné dans chaque bassin océanique un centre météorologique régional spécialisé (CMRS) dans la prévision cyclonique :
.
Miami (Atlantique nord et Pacifique nord-est)
·
Tokyo (Pacifique nord-ouest),
.
Honolulu (Pacifique central),
·
New-Delhi (Golfe du Bengale et Mer d’Oman),
·
Nadi (Iles Fidji, Pacifique sud-ouest),
· et le centre Météo-France de Saint-Denis de La Réunion (sud-ouest de l’Océan Indien).
Six centres secondaires, les Centres d’Avertissements de Cyclones Tropicaux, complètent la couverture des océans tropicaux autour de l’Australie, dans des zones de responsabilité plus restreintes.

Chaque CMRS surveille, dans sa zone de responsabilité, toutes les dépressions tropicales, depuis leur formation jusqu’à leur disparition. Dès qu’un phénomène cyclonique est identifié, le centre météorologique régional spécialisé diffuse toutes les 6 heures (toutes les 3 heures à l’approche de zones habitées) un bulletin à tous les services météorologiques de la région. Cette prévision est associée à des mesures de prévention et de sensibilisation des populations au risque encouru et aux attitudes à adopter afin de minimiser les effets du cyclone.

La prévision cyclonique

La prévision cyclonique consiste à détecter la formation des phénomènes cycloniques puis à prévoir leur trajectoire, leur intensité et leurs principales conséquences. Elle utilise toutes les informations météorologiques disponibles : les observations au sol, en altitude (radiosondages), les données issues des avions chasseurs de cyclones, les images radars et satellitaires. L’imagerie satellitaire a révolutionné la prévision cyclonique et permet de pallier le manque d’observations sur les zones océaniques.
Aujourd’hui, les cyclones sont plus facilement observables et on peut mieux estimer leurs dimensions et le détail de leur structure. Un modèle spécifique de prévision de trajectoire et d’intensité développé par chaque CMRS simule leur évolution. Les prévisions actuelles ne peuvent excéder 24 heures. Au-delà, il s’agit de tendances.

En revanche, les prévisions de l’intensité du cyclone et des précipitations qui lui sont associées restent très difficiles car le modèle représente encore mal les processus responsables de leurs évolutions. Pour progresser dans ce domaine, des modèles de résolution plus fine qu’Aladin sont en cours de développement au CMRS La Réunion, en lien avec le Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones (LACy).

Courtoisie : Organisation météorologique mondiale (OMM) – Centre Météo-France des Antilles-Guyane

 

Électricité : La solution dominicaine, est-ce la bonne?

Électricité:  La solution dominicaine se précise

Un premier accord pour l’interconnexion électrique entre Haïti et la République dominicaine a été signé mardi à Santo Domingo. Le ministre haïtien chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau, qui a paraphé le document conjointement avec le directeur dominicain de la Commission nationale de l’énergie, Enrique Ramirez, a confié au Nouvelliste que cette entente vise à améliorer le système électrique du pays.

Le ministre haïtien chargé de l'énergie, René Jean-Jumeau à G. et le directeur dominicain de la Commission nationale de l'énergie, Enrique Ramirez

Le ministre haïtien chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau à G. et le directeur dominicain de la Commission nationale de l’énergie, Enrique Ramirez

Le gouvernement cherche des voies et moyens pour ressusciter l’Electricité d’Haïti (ED’H). Seulement 30% de la population haïtienne a accès à l’énergie électrique. Alors que la République dominicaine dispose actuellement d’environ 3 000 mégawatts et elle continue de construire d’autres centrales électriques, Haïti ne dispose que des installations pouvant fournir 256 mégawatts. Trois fournisseurs privés ajoutent au total 88 mégawatts dans le réseau national.

Il faut apprendre de la République voisine. C’est ce qu’ont compris les autorités haïtiennes en paraphant, mardi, à Santo Domingo, une entente visant à améliorer notre système d’électricité, a confié au Nouvelliste le coordonnateur du comité multisectoriel pour la sécurité alimentaire et ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau. « Nous espérons que nous pouvons nous inspirer de leur développement dans le domaine afin d’améliorer notre situation », a-t-il dit.

L’entente signée vise à créer une sous-commission en énergie dans la commission binationale pour travailler sur les questions liées à l’électricité, se positionner de manière synergique dans la région par rapport aux autres pays de la zone, a expliqué le ministre. M. Jean-Jumeau, qui n’a pas voulu préciser clairement si Haïti va acheter de l’électricité directement en République dominicaine.

L’interconnexion des deux pays est en discussion depuis plusieurs années, a-t-il dit, soulignant que ce n’est pas quelque chose qui va se faire du jour au lendemain. « Mais cela reste une question ouverte», a-t-il ajouté. On a intérêt à calmement penser à cela afin que nous puissions trouver les meilleurs avantages pour les deux pays. »

Selon les explications du ministre Jean-Jumeau, joint au téléphone par le journal depuis Santo Domingo, cette signature entre les deux pays permet d’arriver très bientôt à un véritable accord. Le document final est en préparation dans la section juridique de la Commission nationale de l’énergie (CNE) en République dominicaine. Il sera transmis aux autorités haïtiennes pour être sanctionné et modifié si nécessaire et ce n’est qu’après qu’il sera accepté par les deux pays et ratifié. Donc, pour l’instant, il s’agit d’une entente pour préparer l’accord, a-t-il souligné.

Contacté par Le Nouvelliste sur la signature de cette entente, le directeur général adjoint de l’Electricité d’Haïti, Dukens Raphael, a fait savoir qu’il n’était pas au courant de ce dossier. Le journal a tenté en vain d’entrer en contact avec les Travaux publics, ministère de tutelle de l’ED’H.

Réactions de certains connaisseurs dans le domaine de l’électricité

Des voix autorisées dans le domaine ne voient pas très bien qu’Haïti entre dans la logique d’aller acheter de l’électricité en République dominicaine. « Je ne pense pas que c’est quelque chose de souhaitable pour le pays. Etant indépendant, Haïti ne doit pas dépendre d’un autre pays, surtout pour un produit aussi important que l’électricité », a réagi un franc connaisseur dans le domaine.

« Va-t-on le faire sans appel d’offres ? Ce contrat sera basé sur quoi ? Les compagnies privées en Haïti peuvent fournir beaucoup plus que ce qu’elles offrent aujourd’hui. Pourquoi ne pas leur demander d’augmenter leur capacité ? Il faut permettre à ces entreprises de se développer », poursuit un autre connaisseur interrogé par Le Nouvelliste.

Les fournisseurs privés de l’ED’H ne devraient pas avoir d’inquiétude en ce sens, a garanti René Jean-Jumeau, soulignant qu’un fournisseur de plus ne devrait pas paniquer ceux qui travaillent déjà sur le terrain. En revanche, a-t-il souligné, cela augmentera la compétition et permettra d’améliorer le prix de l’électricité.

Selon lui, le problème que le pays a au niveau de la sécurité énergétique, notamment de l’électricité, c’est tout d’abord la disponibilité. Il faut une plus grande capacité, ensuite rendre accessible le produit avec un réseau qui couvre le territoire. « Il faut un meilleur coût pour que la population puisse bénéficier d’un meilleur prix. Puis, il faut une meilleure structure tarifaire afin de promouvoir l’investissement et la création d’emplois », a-t-il dit dans une interview accordée au journal la semaine dernière.

Il ne s’agit pas d’être totalement dépendant de nos voisins en énergie électrique, a souligné le ministre. Stratégiquement, ce ne serait pas correct… L’État haïtien n’a pas encore établi la quantité de mégawatts qu’il compte acheter de l’autre côté de l’île. Mais, selon M. Jean-Jumeau, cette proportion devrait se situer entre 10 et 20% de notre consommation. Et il faudra construire une ligne à haute tension traversant la frontière et dont le coût, qui peut être élevé, reste à déterminer.

En 1998, les Dominicains ont opéré une importante réforme dans leur système d’électricité, ce qui leur a permis d’avoir un secteur mixte public-privé à ce niveau. Aujourd’hui, ils ont une capacité d’environ 3 000 mégawatts et ils sont en train de construire d’autres centrales éoliennes. D’ailleurs, le ministre René Jean-Jumeau prendra part mercredi à l’inauguration d’une première partie d’un parc éolien en République voisine.

C’est pour bénéficier de ces grandes réformes en énergie que l’entente entre les deux pays a été signée. Il y a tout un ensemble d’avancées en énergie qu’Haïti doit s’inspirer des Dominicains, comme le développement du gaz propane et l’énergie éolienne, a souligné le ministre.

Rien que l’année dernière, le Trésor public a injecté 200 millions de dollars dans l’Électricité d’Haïti (ED’H). Un chiffre qui fait peur, a reconnu le ministre Jean-Jumeau. Selon lui, la solution, c’est de produire plus d’électricité pour moins d’argent afin de réduire les coûts de production. Ce qui, a-t-il dit, permettra d’attirer l’investissement et de favoriser la croissance économique du pays, ce que cherche le gouvernement. En République dominicaine, c’est à hauteur de 1 milliard de dollars que se chiffre annuellement la subvention accordée par l’Etat dominicain au secteur de l’énergie.

L’Electricité d’Haïti (ED’H) paye chaque mois entre 10 à 12 millions de dollars pour l’achat d’électricité à ses trois fournisseurs privés alors que l’ED’H perçoit mensuellement moins de 5 millions de dollars de ses clients. C’est pourquoi Andress Appolon, la directrice générale de cette entreprise publique, a fait savoir que les autorités veulent revoir les contrats signés avec ces firmes.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste, Twitter: @robbygeff

http://www.lenouvelliste.com

Martelly: 2013 une année consacrée à l’environnement

Haïti-Politique : Martelly propose une année 2013 consacrée à l’environnement

Quid des voies et moyens ?

P-au-P, 1er janv. 2013 – L’environnement et l’agriculture seront les principales priorités du gouvernement pour l’année 2013, Martelly uannonce le président de la république, Joseph Michel Martelly sur la place d’armes des Gonaïves (la cité de l’indépendance, à 174 km au nord de la capitale) à l’occasion de la célébration du 209e anniversaire de la proclamation de l’indépendance d’ Haïti, le mardi premier janvier 2013.

Réduire la vulnérabilité de l’environnement d’Haïti par rapport aux catastrophes naturelles, relancer la production agricole pour diminuer la dépendance alimentaire du pays de l’extérieur : tels sont les objectifs que se donne Martelly dans son message de vœux à la nation haïtienne pour le nouvel an.

« Notre environnement doit être réhabilité pour que la moindre intempérie ne nous endeuille plus, ne perturbe plus notre économie », souhaite t-il.

Il demande à chaque Haïtienne et à chaque Haïtien de prendre l’engagement de planter au moins un arbre comme contribution citoyenne pour une meilleure résistance du pays aux catastrophes naturelles.

L’actuelle administration politique promet d’œuvrer en faveur d’initiatives, notamment dans l’agriculture, l’environnement et l’économie, en suivant les traces des ancêtres et héros, faisant référence à la geste héroïque ayant débouché sur la déclaration d’indépendance nationale le 1er janvier 1804 aux Gonaïves.

« Sur mes trois ans restants, je veux qu’Haïti dépende d’elle-même à soixante dix pour cent (70%) de la production alimentaire », projette Martelly.

A date, tournée davantage vers l’extérieur, l’actuelle administration politique n’a pas encore démontré de détermination à consolider la production agricole nationale et à réhabiliter l’environnement.

Au lieu d’agir dans les zones rizicoles, elle a préféré commander des tonnes de riz en provenance de l’Asie. Il n’y a pas encore de signes évidents de renforcement des filières de production agricole.

Les crises politiques, que l’actuelle administration politique a contribué à accentuer, avec une succession de scandales à tout bout de champ, les problèmes économiques et les catastrophes naturelles ont retardé le développement d’Haïti, déplore Martelly.

« Si Haïti veut rester tout le temps maitre de son destin, il ne faut pas perdre la bataille du développement », conseille t-il en appelant à l’unité pour que le pays reprenne sa marche vers le progrès, la paix et la justice « que [toutes les filles et] tous fils de cette terre souhaitent voir surgir et s’imposer ».

Sans préciser les actions concrètes envisagées, Martelly déclare vouloir, entre autres, remodeler les institutions démocratiques pour que s’instaure la confiance et que chacun soit incité à l’investissement et à l’entrepreneuriat, générateurs d’emplois et de richesses ».

Cela devrait permettre d’avancer pas à pas vers une main d‘œuvre mieux formée avec un Etat de droit garantissant à toutes et à tous le libre exercice des facultés vers une Haïti de progrès et de justice sociale à laquelle aspire la nation haïtienne, croit-il.

Le président prône l’union de la population en mettant de côté les différences en vue de montrer au monde entier qu’Haïti mérite son héritage d’indépendance, légué par ses ancêtres.

Déplorant combien, jusqu’à aujourd’hui, le peuple haïtien ne peut assurer sa propre sécurité, il exhorte le peuple à se servir de ses forces pour bâtir une autre Haïti tout-à-fait libre

Quoi qu’il en soit, tous les signaux sont au rouge pour l’année 2013.

Plusieurs analystes relèvent, depuis mai 2011, une arrogance sans bornes, aucun respect pour les contribuables, une machine de propagande politique, un manque de dialogue politique véritable, une volonté des officiels de piétiner les droits des citoyennes et citoyens (celles et ceux qui circulent en véhicules de l’État se croient investis d’un pouvoir discrétionnaire sur l’ensemble de la population) une hostilité contre les critiques sur le mode de gestion gouvernementale, une mainmise sur les institutions démocratiques (comme la justice) et une tendance à l’autoritarisme et au pouvoir personnel (tout est ramené au président, une carte de santé porte même les insignes / couleur rose / de campagne de Martelly).

Au-delà des vœux pieux, d’aucuns prédisent, pour 2013, de nouveaux remous sociaux, exacerbés par la faiblesse du pouvoir d’achat, la vie chère, les conditions socioéconomiques de plus en plus désastreuses et le peu d’investissements publics en matière de protection de l’environnement.

Comble de l’improvisation, de l’incompétence et d’une absence criante de planification, de nombreux trottoirs ont été défoncés, à partir d’octobre 2012, dans la zone métropolitaine de la capitale Port-au-Prince, par les travaux publics qui tardent encore à les réhabiliter définitivement.

Des intempéries, notamment le cyclone Sandy, ont été enregistrées sans une réparation pertinente des rues cassées, sur lesquelles ont été amoncelés gravats, sable et autres débris.

La fin de l’année 2012 et le début de l’année 2013 n’ont pas eu d’éclat particulier chez la plupart des couches nationales.

Des doutes persistent sur une transformation véritable des conditions de vie de la population, martelée par les autorités politiques qui privilégient la mise en place d’usines de sous-traitance au détriment de la recherche de filières de production porteuses, particulièrement dans l’agriculture. [emb rc apr 01/01/2013 16:40]

 http://www.alterpresse.org/spip.php?article13885

Fonds-Verrettes isolé du reste du pays

La rivière en crue de Soliette coupe Fonds-Verrettes du reste du pays

par Ethzard Cassagnol

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Fonds-Verrettes, 28 nov. 2012 [AlterPresse] — L’entrée de Fonds-Verrettes est bloquée depuis le lundi 26 novembre 2012 et le transport vers Port-au-Prince paralysé, suite à une mobilisation des habitants de la localité de Soliette, constate AlterPresse.

Soliette est située à l’entrée de Fonds-Verettes.

En crue depuis le passage du cyclone Sandy en octobre 2012, la rivière, qui porte le même nom, empêche la circulation de véhicules.

Impossible pour les bus et autres véhicules de transport public de traverser, sans l’aide d’une pelleteuse. La plupart des conducteurs ont décidé de ne plus faire le trajet jusqu’à Port-au-Prince.

Le lundi 26 novembre 2012, des voyageurs, revenant d’Anse-à-Pitres, ont dû rebrousser chemin, pour emprunter la route de Jacmel, vers le Sud-Est, en passant par Grand Gosier, afin d’arriver sur Port-au-Prince par la route nationale No. 2.

Il en résulte beaucoup de déficits chez les producteurs de produits maraichers, produits en grande partie périssables, témoignent Reynald Paul et Jean André Pierre, deux agriculteurs.

Les commerçantes, traditionnellement appelées « madan Sara », se plaignent également des pertes occasionnées avec la crue de la rivière (récalcitrante) qui a quitté son lit pour envahir la route.

Ces « madan Sara », qui achètent des produits à la Forêt des Pins et dans les zones avoisinantes pour les transporter à Port-au-Prince, rapportent combien les camions tombent très souvent en panne.

Ce qui les force à retarder de 2 à 3 jours leurs voyages, alors qu’entretemps, les fruits et légumes périssent.

Des malades, souhaitant se déplacer pour recevoir des soins dans d’autres communes ou la capitale, doivent faire preuve de la même patience.

A Fonds-Verrettes, il est pourtant parfois difficile de trouver une infirmière.

De plus, certains conducteurs ont décidé d’augmenter le prix des transports. Les chauffeurs de camionnettes font payer 400.00 gourdes au lieu de 200.00 gourdes (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) pour le trajet Port-au-Prince/Thiotte, et ceux des camions 250.00 gourdes au lieu de 150.00 gourdes.

Mécontents de cette situation, les habitants de Soliette ont décidé de bloquer totalement la route.

Ils réclament que les autorités construisent un pont au-dessus de la rivière pour libérer enfin la commune de son isolement.

http://www.alterpresse.org