3 DÉCEMBRE 2001–3 DÉCEMBRE 2016 : 15 ANS DÉJÀ DEPUIS LE LÂCHE ASSASSINAT DU JOURNALISTE BRIGNOL LINDOR !

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par Roseline LINDOR

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Le 3 décembre 2001, mon frère Brignol Lindor, journaliste à Radio Echo2000 de Petit-Goâve, a lâchement été assassiné par « une bande de tueurs liée aux autorités politiques locales du mouvement « Lavalas » (l’Avalanche) du président Jean-Bertrand Aristide », comme le mentionne Yves Saint-Gérard dans « Haïti : 1804-2004 Entre mythes et réalités » (Le Félin, 2004, p. 201).

« Cette agression, particulièrement horrible, a coûté la vie à un jeune homme brillant, compétent, cultivé, indépendant des coteries rivales, attaché à sa ville natale. Beaucoup considéraient Brignol Lindor, 31 ans, comme ‘‘l’avenir’’ de cette commune déshéritée », ajoute-t-il.

Depuis 2001, ce n’est donc pas seulement la ville de Petit-Goâve qui est endeuillée mais toute la nation haïtienne.

Plus que jamais, notre famille pleure la disparition de Brignol et continue de réclamer justice. Les acteurs de cet acte barbare doivent payer pour leur forfait ! Bien que toujours meurtris, nous sommes totalement déterminés à faire triompher la justice !

Nous n’avons rien oublié ! C’est comme si c’était hier lorsqu’un ami de la famille est venu nous annoncer la triste nouvelle sans trop vouloir nous en dire plus, de peur de nous accabler. Nous nous rendîmes au commissariat de police, mais aucun policier n’a voulu faire le déplacement pour accompagner la famille sur les lieux du drame.

Ce jour-là, de par leur attitude, les policiers ont fait incontestablement preuve de non-assistance à personne en danger, violant ainsi la devise de la police nationale telle que prescrite par la Constitution haïtienne, à savoir « protéger et servir ». En fait, en échangeant avec les policiers, nous avons tout de suite compris qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir

L’assassinat de mon frère a été minutieusement planifié au plus haut niveau du pouvoir en place. Il était devenu l’ennemi numéro un au niveau local, l’homme à abattre. Plusieurs réunions ont été tenues, suivies d’une déclaration de Dumé Bony, l’adjoint au maire, lors d’une conférence de presse organisée par les autorités de la ville.

Faut-il rappeler les faits ! Parmi les dix personnes inculpées lors d’un procès en 2007, seules deux d’entre elles ont été condamnées à perpétuité. Les autres, jamais arrêtées depuis, ont été condamnées par contumace. A vrai dire, la justice a totalement failli !

Ainsi que le souligne Yves Saint-Gérard, « l’instruction [a épargné] les instigateurs présumés du crime, à savoir les membres du conseil municipal et les chefs des administrations locales en place à l’époque. La plupart d’entre eux [ont continué] d’exercer leurs fonctions à Petit-Goâve.

Ils avaient nommément désigné la victime comme un ‘‘terroriste’’ et appelé à lui appliquer la formule ‘‘tolérance zéro’’ énoncée quelques mois plus tôt par le chef de l’État de l’époque [M. Jean-Bertrand Aristide…C’est cette même formule qui a été invoquée par les exécutants du journaliste au moment du meurtre et dans des aveux livrés à une association de défense de la liberté de la presse, deux jours seulement après leur forfait ».

Qu’est-ce qui a été fait depuis ? Rien ! Le fameux prêtre a changé de commune. Aucun des policiers présents lors de notre passage au commissariat n’a été inquiété. Et l’on a assisté à une parodie de justice après que le pouvoir « Lavalas » eut prétexté arrêter une personne du groupe « dòmi nan bwa ».

Alors, à quand une véritable justice pour la famille, la ville de Petit-Goâve et, plus largement, le pays tout entier suite à cet acte abject qui reste à jamais gravé dans la mémoire collective ?

Quand est-ce qu’on va mettre fin, une fois pour toutes, à cette culture mortifère de l’impunité qui ronge tant la société haïtienne depuis des lustres ?

Nou pa bliye Brignol ! E nou p ap janm bliye l ! Li lè li tan pou lajistis blayi nan peyi a!

Roseline et Famille LINDOR

 

Funérailles émouvantes du journaliste Brignol Lindor

La ville de Petit-Goâve a rendu un dernier et vibrant hommage, le mardi 11 décembre, à Brignol Lindor. Le directeur de la Salle des Nouvelles de Radio Écho 2000 a été tué à coup de machette, le lundi 3 décembre dernier, par des membres d’une Organisation Populaire (OP) proche de Lavalas dénommée “ Domi nan bwa”. A l’occasion des funérailles du journaliste, la famille de la victime a une fois de plus réclamé justice.

Sous un soleil de plomb et dans la confusion la plus totale, le journaliste Brignol Lindor a été conduit à sa dernière demeure. Malgré le vacarme provoqué par les cris de la foule nombreuse des parents , sympathisants , amis et confrères du journaliste , le père Hans Alexandre a su mener la cérémonie à terme . Le prélat, cousin du défunt, n’a pas pu contenir ses larmes face à l’assassinat de Brignol Lindor avec qui, indique-t-il , il a eu de bons souvenirs d’enfance. Dans son homélie, le père Alexandre a condamné le crime crapuleux du 3 décembre mais a exhorté les fidèles à s’abstenir de toute vengeance. Il a prôné la justice, le respect de la vie humaine, la non-violence et a dénoncé le laxisme des autorités locales. Pour le père Alexandre, Brignol Lindor fut un pacifiste, il est un martyr de la vérité dont le sang doit servir à réconcilier chaque haïtien .

À l’intérieur de l’église, la foule ne cessait de scander des slogans hostiles au pouvoir Lavalas particulièrement au président Jean Bertrand Aristide. Le nouveau curé de la paroisse de Petit-Goâve, le père Edwige Carré, présent à la cérémonie et accusé par l’Opposition d’avoir participé à la réunion de planification de l’assassinat de Brignol Lindor n’était pas non plus exempt d’injures. Face à cette vague de protestations anti-Lavalas, les organisateurs de la cérémonie ont dû écourter le programme funéraire dont une partie était dédiée aux Associations de Journalistes et à l’Association Nationale des Médias Haïtiens ( ANMH) .

Des dizaines de journalistes étaient venus de différentes villes du pays pour rendre un dernier hommage au directeur de nouvelles de Radio Écho 2000 de Petit-Goâve à l’occasion de ses obsèques déroulées en présence de militants de droits humains , de représentants du pouvoir et de l’Opposition. La corporation continue de réclamer justice pour le jeune confrère de 32 ans et interpelle la conscience des auteurs de cet acte odieux.

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=3698

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LE CARTEL DE JACMEL : JOSEPH LAMBERT, EDWIN ZENNY, FOUREL CELESTIN

Révélations fracassantes d’un jeune ex-membre d’un gang armé

Le Cartel de Jacmel :

Joseph Lambert, Edwin Zenny, Fourel Celestin : des truands d’envergure reconvertis en politique

I. Introduction

Je m’appelle Sherlson Sanon. Identifié par le Numéro de ma Carte d’Identification Nationale : 02-01-99-1988-12-00245, je suis né à Jacmel le 16 décembre 1988. .

En 1999, j’étais âgé de onze (11) ans et en situation précaire, lorsque j’ai été approché par l’ex-Sénateur Joseph Lambert, aujourd’hui Conseiller du Président de la République Joseph Michel Martelly, qui m’a introduit dans le secteur criminel.

J’ai spontanément décidé d’arrêter mes activités criminelles. C’est pourquoi, tout en me mettant à la disposition de la Justice, le 12 mars 2013, je me suis rendu au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en vue de faire ce témoignage.

II. Mon Enrôlement à titre de transporteur de drogue

En 1999, l’ancien Sénateur Joseph Lambert m’a proposé d’être son ami car, il voyait en moi, me disait-il, un jeune garçon intelligent et plein d’avenir. A cette époque, Joseph Lambert n’était pas encore Sénateur cependant, il était très proche du Sénateur d’alors, Fourel Célestin.

C’est ainsi que j’ai intégré la base KAKOS, localisée à la Rue Sainte Anne, à Jacmel. Mon nom d’opération est Andrébert Sanon. J’ai été nommé ainsi par l’ex-Sénateur Joseph Lambert lui-même qui s’est aussi chargé de mon instruction en matière de crime. En effet, j’ai reçu une formation en reconnaissance de cocaïne. J’ai aussi appris à faire usage d’une arme à feu, à conduire les automobiles et les motocyclettes, avant de recevoir des matériels de travail savoir, des gants, des armes, des munitions, etc.

Après ma formation, l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT m’a engagé pour assurer le transport de cargaisons de drogue. Je devais transporter ces cargaisons de la Rue de la Ravine à Lamandou, chez un agent de sécurité d’alors de Joseph LAMBERT, dénommé Kern DESAMOUR. Je recevais deux mille (2000) gourdes pour ce travail.

Au fur et à mesure que je travaillais, l’ex-Sénateur me léguait d’autres responsabilités comme le transport de cargaisons d’armes à feu ou le transport de cargaisons de drogue en des endroits éloignés. En effet, j’ai aussi l’habitude de transporter de la drogue pour l’actuel Commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la Croix des Bouquets, Me Lenny THELISMA ce pour le compte de l’actuel conseiller du Président Joseph Michel Martelly. Cependant, Me Leny Thelisma qui habite Martissant 7, ne reçoit pas la drogue chez lui, mais au Carrefour Fleuriot.

Parallèlement, le Sénateur Joseph Lambert m’a conseillé d’abandonner mes études, arguant que les documents, les certificats de fin d’études ne rapportent rien en Haïti. Il m’a affirmé qu’il pourrait me les faire avoir, sans qu’il ne me soit nécessaire d’aller à l’école. De plus, il m’a promis une voiture, une maison et un emploi au niveau de la fonction publique.

L’ex-Sénateur Joseph Lambert a aussi loué une maison où les membres du gang KAKOS sont hébergés lorsqu’ils rentrent à Port-au-Prince, notamment pour des missions. Cette maison est située au # 29, Impasse Wallace, Route de Frères. De plus, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la Croix des Bouquets, Me Lenny Thelisma a mis sa propre maison, localisée à Martissant 7, à la disposition de la base KAKOS.

Cette base est composée d’au moins dix-sept (17) individus. Il s’agit de :

1.    Edner Come connu encore sous le nom de Jackson Travelino, actuellement rechercé par la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans le cadre de l’enquête judiciaire relative au démantèlement du gang dirigé par Clifford Brandt.

2.    Yvener PoMPY

3.    Herlain THELEMAQUE, un aspirant policier

4.    Alain Moïse

5.    Jude Millien

6.    Fabienne Louis

7.    Eddy Jean

8.    Jean Edwidge Roy connu encore sous le nom de Papouche ROY

9.    Sherlson Sanon connu encore sous le nom d’Andrébert Sanon

10.Saint-Fleur Roy

11.Sony Lambert

12.Yves JOACfflM

13.Raymond FRID

14.Berthony alias Tchampan

15.Amounou ainsi connu

16.Grégory ainsi connu

17.Design ainsi connu

III. Les premiers crimes que j’ai perpétrés

a. Assassinat d’étrangers à Jacmel

En 1999, moi, Sherlson Sanon, j’ai tué pour le compte de l’ex-Sénateur Joseph Lambert, une étrangère du nom Céline Moulier qui était venue implémenter une organisation à Jacmel. Elle habitait à Civadier. J’ai reçu deux mille (2000) gourdes pour cette exécution. Le jour du crime, j’étais accompagné de Alain MOÏSE.. Ce dernier est un agent de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Lorsque je l’ai exécutée à hauteur de la route de Makary, Céline MOULIER pilotait une Toyota double cabine, blanche. Le même jour, le père de la victime, Fernand MOULIER, a aussi été assassiné par Alain MOÏSE.

Le gang a reçu Tordre de conduire le véhicule de Céline MOULIER au garage de Jacky CAROLLI, situé à St Cyr, Jacmel. Les pièces du véhicule ont été vendues. La carcasse se trouve encore au garage.

Après l’assassinat des deux (2) étrangers susmentionnés, j’ai été emmené en République Dominicaine, au Bahia Prencipe Hôtel, Bavaro situé à Punta Canay en attendant que tout se calme.

b. Cas de Kern Désamour

Kern Desamour était un membre du gang. Il assurait la sécurité du dépôt de drogue de l’ex-Sénateur. Une fois, il a reçu pour mission de récupérer une cargaison et de l’apporter à l’ex-Sénateur Fourel Célestin. Cependant, Kern Desamour a préféré prendre la marchandise et l’a vendue à Jacky Carolli (Khawly).

J’ai été chargé d’assassiner Kern Desamour pour cet écart de conduite.

Le 30 octobre 2006, j’ai exécuté Kern Desamour. Je lui ai administré trois (3) balles alors qu’il se trouvait dans un bar restaurant situé à Lamandou. Lors du crime, Yvener Pompy, un autre membre du gang, spécialisé notamment dans les exécutions, était présent. L’arme du crime m’a été remise spécialement par l’ex-Sénateur Joseph Lambert.

Après l’assassinat de Kern Desamour, des policiers basés à Jacmel ont reçu l’ordre de dire que ce dernier a été tué par un policier. Parallèlement, j’ai été encore emmené en République Dominicaine, où j’ai passé trois (3) mois, logé au même hôtel, le Bahia Prencipe Hôtel, Bavaro situé à Punta Cana. A chaque fois, toutes mes dépenses étaient prises en charge par l’ex-Sénateur qui me rendait visite chaque mois.

Après une retraite de trois (3) mois, l’ex-Sénateur est venu me chercher. Arrivé à Jacmel, il m’a offert une moto qu’il a lui-même achetée chez Edo Zenny pour une somme de trente-cinq mille (35.000) gourdes.

IV. Ma présentation au Sénateur Edwin Zenny

En 2006, en raison des multiples services rendus et surtout, parce que je me suis toujours montré consciencieux dans mes nombreuses tâches, le Sénateur Joseph Lambert m’a présenté au Sénateur Edwin Zenny connu encore sous le nom de Edo Zenny. A partir de ce moment, j’ai eu deux (2) patrons.

Toutefois, avec le Sénateur Edwin Zenny, mes contacts se sont multipliés. De plus, mon travail de transporteur est devenu plus important. J’ai été autorisé à prendre les cargaisons chez Jacky Carolli (Khawly) et chez Joël Carolli (Khawly) pour le compte des Sénateurs Edwin Zenny et Joseph Lambert.

Les cargaisons emmenées à Lamandou étaient toujours sécurisées par Saint-Fleur ROY, Jean Edwidge Roy connu encore sous le nom de Papouche ROY et Eddy JEAN. Aujourd’hui, Eddy JEAN est propriétaire d’une boutique de vêtements localisée à Lamandou 1.

V. Mon implication dans les actes de violence enregistrés lors des élections de 2010

Pour les élections de 2010, le Sénateur Joseph Lambert a supporté le candidat à la députation Kénol Charles. J’avais pour tâche de remplir les urnes au profit de Kénol Charles. J’étais aidé par les autres membres de la base KAKOS. Puis, sécurisé par des agents de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), j’ai emmené les urnes au bureau de vote de Meyer, une commune du Sud-est.

Je dois souligner que ces fraudes ont favorisé le candidat Kénol Charles qui a gagné les élections et est aujourd’hui Député de la circonscription de Cayes-Jacmel.

Après les élections, notamment au début de l’année 2011, le Sénateur Edwin ZENNY s’est rangé du côté de Joseph Michel MARTELLY, consacrant ainsi son divorce temporaire avec le Sénateur Joseph LAMBERT. Pour se venger, le Sénateur Edwin ZENNY nous a offert trois mille (3000) dollars américains à moi et à Yvener POMPY pour incendier son propre véhicule, une Hammer 4X4 de couleur blanche, qui se trouvait alors à Lamandou. Ensuite, il a accusé le Sénateur Joseph LAMBERT d’avoir procédé à cet incendie.

Suite à l’incendie, des agents de la PNH dont un dénommé Arland BEROUETTE, à la solde du Sénateur Edwin ZENNY, se sont rendus à Lamandou et ont déclaré dans leur procès-verbal avoir remarqué le véhicule du Sénateur Joseph LAMBERT qui prenait la fuite.

VI. Quelques exemples d’autres crimes perpétrés par le gang Edo Zenny / Joseph Lambert

1. Le 1er septembre 2012, j’ai été engagé par le Sénateur Edwin Zenny pour exécuter Reyista Desamour. Ayant échoué après plusieurs tentatives, un prêtre du vodou Jean Marie Domond a reçu dix mille (10.000) dollars américains pour faire le crime. Ce dernier a été par la suite arrêté le 16 octobre 2012. Jean Marie Domond se trouve aujourd’hui à la Prison Civile de Jacmel. La petite fille de Reyista Desamour a, pour sa part, reçu une balle à la cuisse.

2.    Le 17 novembre 2012, à Jacmel, le gang KAKOS a pris part à l’enlèvement suivi de séquestration du petit Jorym Sam Etienne, âgé de trois (3) ans. Ce crime a été perpétré sur instigation du Sénateur Edwin Zenny qui est l’amoureux d’une jeune fille habitant la maison. Les proches de la jeune fille reprochait à cette dernière d’entretenir une relation amoureuse avec le Sénateur, un homme marié qui de surcroit, entretient plusieurs maitresses. Cette dernière a rapporté les faits au Sénateur qui, pour leur donner une leçon, a ordonné l’enlèvement de Jorym Sam Etienne. Il n’était pas prévu de tuer l’agronome Jean Marie Patrice Etienne. Cependant, celui-ci, croyant qu’il avait affaire à des voleurs, a tiré le premier. Un des bandits, Alain Moïse a reçu un projectile au bras. C’est en ripostant que l’agronome Jean Marie Patrice Etienne a été tué. Pour libérer Jorym Sam Etienne, la famille a dû payer la rançon de quarante mille (40.000) dollars américains.

3.    Deux (2) autres assassinats ont été perpétrés pour le compte du Sénateur Edwin ZENNY, le 5 février 2013. Ces deux (2) individus ont été tués parce qu’ils ont frappé le véhicule du Sénateur Edwin ZENNY. Ils ont été criblés de balles. Il s’agit de Jerry DAETOIS et de M. C Hammer D ARTOIS. Pour ce travail, le Sénateur Edwin ZENNY a offert la somme de mille cinq cents (1.500) dollars américains à Yvener POMPY, à Eddy JEAN et à Berthony ainsi connu alias Tchampan. Ils étaient montés à bord d’une motocyclette immatriculée MC 7030.

4.    Le 6 mars 2013, le Sénateur Joseph LAMBERT m’a confié quatre (4) armes de calibre 9 millimètres à apporter à l’une des ramifications de la base KAKOS, à La Saline. J’ai remis ces armes à Yvener POMPY et à Jean Edwidge ROY, connu encore sous le nom de Papouche ROY.

5.    Le 5 avril 2013, le gang KAKOS a reçu une mission de l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT de se rendre à Marigot, dans la maison de Jetho SANON, l’officier de l’Etat Civil de cette commune. Le gang a emporté seize (16) boites en carton remplies de drogue. Cette drogue a été emmenée chez Christophe LAMBERT à Bréman.

6.    Le 7 avril 2013, l’ex-Sénateur et Conseiller du Président de la République m’a donné six (6) armes à feu de calibre 9 millimètres, avec pour mission de les apporter à La Saline et de les remettre à Raymond FRID, Jean Edwidge ROY, Fresny BALTAZAR, Jude MlLIEN, etc.

7.    Le 10 avril 2013, plusieurs membres du gang, montés à bord de deux (2) véhicules dont celui du Sénateur Edwin ZENNY, immatriculé OF 00828, piloté par Edner COME, et une Land Cruiser grise, appartenant à Joseph LAMBERT, ont transporté six (6) boites de cocaïne de Jacmel à Ouanamithe. Cette drogue a été livrée à une autorité de la ville. Eddy JEAN, Berthony alias Tchampan, Alain MOÏSE, et moi-même nous nous trouvions dans le second véhicule.

8. Cacite BERTRAND, un cousin de ma mère a été tué à Peredo par Alain MOÏSE. Il était un commerçant. Il lui était reproché d’avoir des opinions politiques contraires à celles de l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT.

9. Dalbert Bertrand a été tué par Eddy jean, et Yvener Pompy, sur ordres du Sénateur Joseph lambert.

VII – Les ordres que j’ai choisi de ne pas exécuter

En février 2013, l’ex-Sénateur Joseph LAMBERT m’a engagé pour assassiner le député Sorel JACINTHE. Il m’a donné une bouteille que je devais placer à l’intérieur ou sous le véhicule du Député Sorel JACINTHE, une Land Cruiser de couleur or. De plus, il m’a donné un portable avec, enregistré, un message vocal prétextant que le Député Anel BELIZAIRE avait communiqué avec le Député Sorel JACINTHE et qu’il lui avait fixé rendez-vous à La Saline.

j’ai aussi reçu pour mission de déposer, dans, le véhicule du Sénateur Moïse jean Charles, une cargaison de drogue pour qu’une arrestation soit orchestrée à l’encontre dudit Sénateur. j’ai commencé par exécuter ce travail. j’avais déjà en ma possession la drogue. Tout était planifié. j’ai finalement décidé de ne pas donner suite. De plus, je devais aussi procédé à l’identification et à l’exécution du Député Levaillant louis jeune avant le 29 avril 2013.

Selon toute vraisemblance, l’ex-Sénateur Joseph lambert tient à éliminer les Députés Sorel Jacinthe et Levaillant Louis Jeune en raison des déclarations de ces derniers sur les ondes de plusieurs stations de radio de la Capitale, selon lesquelles Vex- Sénateur ne peut vivre en Haïti sans le bénéfice de l’immunité parlementaire ou la couverture d’un pouvoir politique.

VIII.     Membres de l’appareil judiciaire impliqués dans les actes

Les chefs du gang KAKOS, savoir l’ex-Sénateur Joseph Lambert et le Sénateur Edwin Zenny contrôlent l’appareil judiciaire du Sud-est. Lorsque les membres du gang sont arrêtés, ils interviennent eux-mêmes et souvent, les membres du gang KAKOS sont remis en liberté.

IX.   Conclusion

Pour me pousser à exécuter ces ordres que j’ai choisi d’ignorer, l’ex-Sénateur Joseph Lambert m’a encore une fois promis sa Toyota Prado, une maison, un emploi pour moi et aussi un emploi pour ma femme.

Toutefois, je ne veux plus travailler pour l’ex-Sénateur et Conseiller Joseph Lambert ni pour le Sénateur Edwin Zenny. Lorsque j’en ai fait part à l’ex-Sénateur Joseph Lambert, ce dernier a passé aux autres membres du gang KAKOS, des instructions claires et précises pour que je sois exécuté. Je m’attends donc à mourir à n’importe quel moment. C’est pourquoi, pour l’histoire et pour la vérité, j’ai fait ce témoignage afin que nul n’ignore les dessous des jeux politiques en Haïti dont j’ai été victime, sous l’attrait du gain facile.

Fait à Port-au-Prince, le 23 avril 2013Vu uniquement pour la certification matérielle de la signature de Sherlson Sanon, connu encore sous le nom d’Andrebert Sanon, identifie au numéro 02­01-99-1988-12-00245 qui l’a apposée en notre présence, ce vingt trois avril deux mille treize.Port-au-Prince, le 23 avril 2013 Me Jean Beaubrun L. RONY Notaire Public

DE « LA PURÉE DE BÉBÉS » POUR M. ARISTIDE

De « la purée de bébés » pour M. Aristide

Il existe certains actes de barbarie que réprouve la conscience universelle. A ce propos, comme l’écrit Vladimir Jankélévitch, ce genre d’actes,  « est une chose innommable, inavouable et terrifiante, une chose dont on détourne sa pensée et que nulle parole humaine n’ose décrire ».

Au début des années 2000, une horrible affaire ayant trait à la disparition mystérieuse de bébés a défrayé la chronique en Haïti. Michael Dielbert, journaliste, écrivain et professeur émérite à l’Université de Coventry, a, dans deux articles – «The terrible Truth of Martissant  – La terrible vérité sur Martissant) » et « The disappearance of Nanoune Myrthil’s infant – La disparition du bébé de Nanoune Myrthil  » fait état de cette histoire macabre. Si les mères de ces autres enfants disparus ont dû gérer leur souffrance dans le silence, avec Nanoune Myrthil ce sera différent. Car elle, au contraire, voulait à tout prix savoir ce qui était arrivé à son bébé, connaître la vérité et proclamer sa souffrance.

Des plaintes ont été déposées particulièrement à l’encontre d’une certaine Mme Yannick Auguste, infirmière de son état à  l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (l’Hôpital général). Dans son article, Michael Dielbert attire l’attention sur le fait que les multiples tentatives pour étouffer cette affaire lui rappellent les obstructions mises en place pour entraver l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jean Dominique. Obstructions , d’ailleurs, que l’organisation  Reporters sans Frontières avait qualifiées de « conspiration d’État ». Mais de quel pouvoir pouvait disposer cette infirmière pour réussir le tour de force de parvenir avec succès à faire entrave au bon déroulement d’une poursuite judiciaire à son encontre ?

Un nouvel éclairage va être projeté sur cette affaire qui  refait surface en 2004. Dans une dépêche publiée le 22 juillet 2004, Radio Vision 2000 rapporte que Sonia Desrosiers « femme d’un chef d’une organisation populaire (OP Lavalas) de Fort-Touron,  allait faire de nouvelles révélations fracassantes sur cette affaire .  En effet, d’après ses déclarations, il ressort : « après que l’infirmière Yannick Auguste eut  enlevé le bébé, elle l’ aurait remis à un certain Félix Bien-Aimé. Celui-ci,  à son tour, le confiera à Mme Marie Antoinette Gauthier, déléguée de l’Ouest et directrice de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti au moment des faits. Celle-ci le ramènera , emmailloté dans une serviette blanche, à Tabarre où au cours d’une cérémonie sataniste le 5 mars 2001 au domicile même de l’ex-président Jean Bertrand Aristide le bébé allait être sacrifié. Toujours, selon les déclarations de Sonia Desrosiers, présente à la cérémonie, le bébé a été décapité, la tête et le cou remis personnellement à Jean Bertrand Aristide pour les suites sacrificielles ». Le reste du bébé sera broyé à l’aide d’un pilon, réduit en purée.

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Selon un autre témoin, « cette purée fut transvasée dans une grande grande cuvette blanche bordée de bougies noires et dans laquelle on avait auparavant versé de l’eau de Floride, des feuilles mélangées et d’autres choses. Ensuite, on a vu la silhouette de Marie-Claude Gauthier, d’Annette Auguste dite Sor Anne et de Wiltan Lherisson disparaître dans la pénombre et se diriger vers une autre salle. »

Mais alors, on se demande : où est la justice de ce pays ? Quoi donc ? Ce bébé, était-ce un poulet dont on peut tordre le cou, un cabri qu’on peut égorger sans sourciller? Ou peut-être du millet (du petit mil) qu’on écrase au pilon (mortier). Le cou de l’enfant, du collier d’agneau ?

Comme on peut s’en apercevoir : c’est le caractère à ce point attentatoire au respect et à la dignité de l’humanité résidant en chaque individu – humanité, ici, chosifiée et bestialisée – « tout homme est un homme » qui vaut à ce genre d’actes d’être qualifiés de crime de lèse-humanité. Quelqu’un pouvant commettre de tels actes est capable de tout, mais de tout.

Nulle parole humaine ne peut vraiment décrire un tel crime, un tel forfait.

Si ces informations s’étaient avérées exactes, ce crime odieux, cet acte inhumain, barbare et dégradant pour l’ensemble de la société haïtienne, devrait-il rester impuni ?

La cérémonie, affirma Sonia Desrosiers, s’était déroulée en présence de plusieurs ténors du régime Lavalas tels : Jean-Marie Cherestal, Yvon Neptune, Jocelerme Privert, , Jean-Claude Jean-Baptiste, l’ancien général Wiltan Lherisson, Liberus, Frantz Desrosiers, Franco Camille et Félix Bien-Aimé et bien sûr Anne Auguste ci-devant So Anne, Marie Antoinette Gauthier. Les principaux officiants au pilon qui écrasaient l’enfant étaient : So Anne, l’ex-général Wiltan Lherisson et Marie Antoinette Gauthier.

Rappellons  que ce Félix Bien-Aimé était un kidnappeur, un violent chef de bande à Martissant qui a massacré au moins 13 personnes particulièrement lors du siège de la population à Fort Mercredi en juin 2001. Après ces tueries,  ce chef de gang avait été recu par M. Aristide au palais national sans qu’il ne soit inquiété et il fut même récompensé.  Car il sera nommé directeur du principal cimetière de Port-au-Prince.

Mais Félix Bien-Aimé, qui entre-temps était devenu maître-chanteur, en septembre 2002, a été arrêté par certains éléments de la police nationale et depuis porté disparu. Sa voiture calcinée a été retrouvée aux abords de Titanyen. Depuis,on n’a jamais plus entendu parler de lui.

Une fois de plus, les témoins disparaissent.

Mais Il reste une question qui nous turlupine : Qu’a fait M.Aristide de la tête et du cou du bébé qu’on lui avait remis ?Aristide aristide-je-kale

Jean-Bertrand Aristide sur le point d’être officiellement inculpé en Floride

Jean-Bertrand Aristide sur le point d’être officiellement inculpé en Floride

(Extraits)

 Une récente ordonnance de la justice fédérale des Etats-Unis dans le dossier des sociétés-écran de télécommunications américaines ayant soudoyé des responsables de l’ex-Téléco, vise particulièrement l’ex-Président Aristide.

M. Patrick Joseph, ex-directeur général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO, a pleinement coopéré avec le Département de la Justice dans cette affaire de corruption et de pots de vins il aurait fait d’importantes révélations sur l’attribution présumée de pots-de-vin à l’ancien Président Aristide dans cette affaire.

Ayant plaidé coupable devant un tribunal en Floride, ce dernier a été reconnu coupable d’avoir reçu des pots-de-vin alors qu’il était directeur-général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO. Il aurait révélé avoir partagé les pots-de-vin reçus avec l’ex-président Aristide. Il a été condamné à la prison aux États-Unis pour détournement et blanchiment d’argent.

Lors d’une audition le mois dernier en relation avec l’inculpation de Patrick Joseph, un procureur a soutenu que la moitié d’un montant de 1 million de dollars de pots-de-vin présumés a été remise à un « Officiel B » qui ne serait autre que l’ex- président Aristide lui-même.

Les pots-de-vin auraient transité par la « Digitek » dirigée par le beau-frère du président Aristide, Lesly Lavelanet et par la Banque centrale de la République d’Haïti, dont le gouverneur était alors M. Venel Joseph, père de Patrick Joseph.

Mais, les témoins disparaissent

Assigné comme témoin à comparaitre, M. Venel Joseph, s’apprêtait à se rendre aux autorités américaines dans le cadre de cette enquête judiciaire sur l’exploitation illégale du système d’appels internationaux de la TELECO par des sociétés-écrans basées aux États-Unis. Il a été assassiné quelques jours après que le Miami Herald ait ébruité le fait que son fils était passé aux aveux et qu’il avait fait des révélations compromettantes pour M. Aristide. Depuis, la sécurité de M. Joseph, (le fils) est devenue une affaire primordiale pour les autorités américaines et sa protection est maintenant assurée par le FBI et d’autres organismes fédéraux.

Rappelons que M. Venel Joseph a été gouverneur de la Banque de la République d’Haïti durant tout le second mandat du Président Aristide, soit de 2001 jusqu’à sa chute en 2004. Au cours de cette même période, son fils Patrick Joseph était directeur général de la compagnie de télécommunications d’État TELECO.

Le Wall Street Journal qualifie l’assassinat de M.Venel Joseph de « meurtre sur commande ».

Lire l’article du Wall Street Journal

  « La mise à sac de la Teleco »

 

The Looting of Haiti Teleco

By MARY ANASTASIA O’GRADY

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Jean-Bertrand Aristide

A federal bribery case in Miami may shed light on how a well-connected U.S. firm operated during the Aristide years.

The slaying of a former director of the Haitian Central Bank in Port-au-Prince last week might at first seem like a random event in a violent country. But the shooting of Venel Joseph at the wheel of his car looks more like a hit job. It comes just days after the Miami Herald reported that Joseph’s son, Patrick Joseph, is a key witness in a federal bribery case in Miami involving alleged kickbacks paid by American telecom companies to Haitian officials. The younger Joseph, according to Herald sources, has fingered former Haitian President Jean Bertrand Aristide as one of those officials.

The indictment doesn’t name Mr. Aristide. But the Herald reported that lawyers familiar with the case said that an unnamed individual in the document— »Official B »—is « indeed the ex-president. » The Justice Department alleged in court that « Official B » and Patrick Joseph, who is a former director general of the government telecom monopoly Haiti Teleco, received kickbacks from U.S. companies in exchange for favorable pricing when terminating calls in Haiti. Mr. Joseph has pleaded guilty to taking bribes and is cooperating with Justice, according to the Herald article.

It is a case that ought to interest Americans, and not only because it means Mr. Aristide—who was, according to a detailed lawsuit filed by Haiti in civil court in South Florida in 2005, a notoriously corrupt strongman—might be brought to justice. That would be a step toward ending impunity in Haiti, which in turn would be good for political stability and for U.S. security interests in the hemisphere. Mr. Aristide’s American lawyer, Ira Kurzban, told the Herald that there is « not one shred of evidence » against his client in the indictment.

But for Americans there may be another even more important reason to pay attention: It is possible that by getting to the bottom of how Haiti Teleco operated during the Aristide years, investigators will finally uncover the details of the arrangement that Fusion Telecommunications—run by former Democratic Party Finance Chairman Marvin Rosen with Joseph P. Kennedy II and numerous influential Democrats on the board—had in Haiti during the Clinton years. That would be edifying, given how Bill Clinton inexplicably tolerated Mr. Aristide’s despotism even after the U.S. had restored him to power in 1994.

Back in those days, Haitians working for Teleco whispered to me of an alleged kickback scheme. Teleco was one of the few sources of hard currency for the country and they charged that the deal between Fusion and Mr. Aristide meant that the company was being looted. They claimed that Fusion had an office inside Teleco, was getting access to the Teleco network at a big discount, and was paying Mr. Aristide in return.

But there was no transparency at Teleco, and these brave patriots were afraid to go public with what they knew. It was only after Mr. Aristide was pushed from power by a popular revolt in February 2004 that the interim government could confirm that the company had been cleaned out.

In the fall of 2004 I was approached by Michael Jewett, a former telecom executive at New Jersey-based IDT. He alleged that he had been fired from the company for objecting to a bribery scheme similar to the one that had been described to me by Haitians regarding Fusion. He had filed a wrongful dismissal case that alleged that he was told to put payments in an offshore account for the benefit of Mr. Aristide. Federal Communications Commission records proved that Teleco had indeed given IDT a 66% discount to the official rate, but Mr. Jewett was never able to prove that Mr. Aristide was the beneficiary of the offshore account. IDT denied wrongdoing and eventually settled with him out of court.

That case prompted me to ask the FCC for copies of Fusion’s contracts. I was told that the file had disappeared from its record room. When the FCC asked carriers to send duplicates, Fusion said hurricanes had destroyed many of its records, and it produced only one document. Then it went to court to block me from seeing it. I used the Freedom of Information Act to prevail and learned that in 1999 Teleco had given Fusion a rate of 12 cents per minute when the official rate was 50 cents.

Joseph P. Kennedy II wrote in a letter published by the Journal that he was « not aware » of any wrongdoing on the part of Fusion. The company has long maintained its innocence, and it has not been charged. But the Justice Department now alleges in its indictment that other companies that received discounts paid kickbacks to get them.

Patrick Joseph could be the best hope that Haitians have of getting to the truth about Mr. Aristide and his American business partners. But sources say the former Teleco executive still has relatives in Haiti. If he fears for them, he could clam up. That would be one explanation for his father’s murder.

Write toO’Grady@wsj.com

 

Violentes manifestations dans la ville natale du Juge

Protestations anti-Martelly à l’Estère, des tirs de la police auraient fait plusieurs blessés

Publié le jeudi 18 juillet 2013

L’Estère, la commune natale du juge Jean Serge Joseph dans l’Artibonite (nord), a été le théâtre mercredi de vives protestations antigouvernementales ayant entraîné une intervention musclée de la Police Nationale, appuyée par des soldats de la mission onusienne (MINUSTAH), qui aurait fait plusieurs blessés, ont indiqué des témoins mercredi soir sur les ondes Radio Kiskeya.

« Il y a eu au moins sept blessés par balle, à la gorge, au pied ou à l’abdomen », a raconté Carlile Mélisson Lamour, coordonnateur de Action pour l’intégration du monde rural, une organisation membre du Conseil national des acteurs non-étatiques (CONANE) d’Edouard Paultre. Contraint dit-il de se réfugier dans un champ en raison des agissements de plusieurs dizaines d’agents de l’unité départementale de maintien d’ordre (UDMO, arrivés en provenance des Gonaïves, ce notable a vivement dénoncé la brutalité des forces de l’ordre qui, face à l’évolution de la situation, auraient privilégié la manière forte et se seraient lancées dans une véritable « chasse à l’homme ».

http://radiokiskeya.com/spip.php?article9666

Visionner la vidéo de la séance du 2 juillet 2013 au cours de laquelle il avait rendu une ordonnance demandant la comparution à la barre des témoins le Premier ministre Laurent Lamothe et plusieurs autres hauts fonctionnaires de l’État.

JOSEPH LAMBERT CONTRE-ATTAQUE

Contre-attaque de Joseph Lambert après les graves accusations portées contre lui et d’autres personnes, en rapport avec des crimes et le trafic de la drogue

Il s’en prend au RNDDH et promet de porter le dossier à son extrême limite

Le conseiller présidentiel et ex sénateur du Sud-est Joseph Lambert a réagi mardi aux graves accusations portées contre lui par le nommé Sherlson Sanon qui se présente comme un de ses hommes de main, faisant partie d’un gang qu’il dirige et qui est impliqué autant dans des crimes de sang que dans le trafic illicite des stupéfiants.

Joseph Lambert déclare n’avoir jamais connu l’individu en question. Il affirme ignorer les faits (crimes et trafic de drogue) auxquels Sanon l’associe dans les révélations qu’il a faites par-devant notaire au siège du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

Pour Lambert, les déclarations de l’individu en question représentent une énième tentative de l’abattre politiquement, surtout à la veille de nouvelles élections législatives auxquelles il compte participer.

A l’instar du sénateur Edwin Zenny (Sud-est), également dénoncé par Sanon, Joseph Lambert s’en prend au directeur exécutif et à la responsable de programme du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance et Marie Yolène Gilles. Il les accuse d’être les instigateurs du « montage politique » destiné à le discréditer. Il leur propose un débat public au cours duquel il les « déshabillerait ». Dans le même temps, Lambert remercie ces derniers du fait que, selon lui, les révélations de Sherlson Sanon auraient remonté sa cote dans le Sud-est où le mécontentement est général, même parmi les plus réticents par rapport à sa candidature au Sénat. Il reproche au RNDDH d’avoir fait beaucoup de tort au pays. Il cite en exemple le dossier de l’accusation de viol contre Me Josué Pierre-Louis qui n’aurait visé, à son avis, que la chute de ce dernier de son poste de président du Conseil électoral permanent. Il accuse Mme Gilles d’être impliqué dans la « machination » pour le compte de son « amant » dont il s’est gardé de révéler le nom.

Le conseiller présidentiel déclare s’être rendu à Santo Domingo pour recueillir des informations de l’hôtel où le bandit affirme avoir été hébergé par lui, par deux fois, après la perpétration de certains crimes. En 1999, lors de l’un de ces crimes, Sherlson Sanon devait avoir 11 ans, selon Lambert. Il devra alors expliquer comment un hôtel a pu héberger un mineur pendant 3 mois, a-t-il déclaré, précisant qu’il revient du territoire voisin les mains chargées.

En ce qui concerne l’assassinat de la française Céline Moulier et de son père dont Lambert serait le commanditaire selon Sanon, l’ex-sénateur fait remarquer qu’une ordonnance judiciaire a été prise et la justice dispose d’aveux des auteurs du crime qui seraient en prison.

Il prend Sanon à défaut sur un autre point concernant un convoiement de drogue destiné en 2006 à l’ex-sénateur Fourel Célestin qui était détenu depuis 2004 aux Etats-Unis pour trafic de drogue.

En réaction aux propos de Edwin Zenny et de Joseph Lambert, l’avocat de Sherlson Sanon, Me Mario Beauvoir (ex-commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de la Croix-des-Bouquets), déclare que son client est prêt à les confronter au Cabinet d’instruction.

Dans une interview accordée mardi à Radio Kiskeya, Me Beauvoir déclare disposer d’arguments solides pour contrecarrer ceux que Lambert croit avoir réunis pour se défendre. Il appelle le chef de l’Etat à éviter d’entraver le pouvoir en tolérant des individus douteux dans son entourage. Il ferait mieux de les mettre à disposition de la justice, a-t-il conclu. [jmd/RK]

http://radiokiskeya.com/spip.php?article9644

Visionner ci-dessous le point de presse de Lambert suivi des répliques argumentées qui lui ont été opposées par Pierre Espérance du RNDDH, par Me Mario Beauvoir l’avocat de Sherlson Sanon et par Me Mario Joseph

MANDAT DE COMPARUTION POUR L’EX-PRÉSIDENT RENÉ PRÉVAL

Affaire Jean Dominique : L’ex-Président René Préval convoqué le 14 mars au cabinet d’instruction

PREVAL

Le juge instructeur Ivickel Dabrésil a décerné un mandat de comparution à l’ancien Président René Préval dans le cadre de l’enquête, en cours depuis de longues années, sur l’assassinat du journaliste Jean Dominique, a annoncé jeudi au micro de Radio-Télé Kiskeya le Sénateur John Joël Joseph.

Très proche de l’ex-dirigeant haïtien, le parlementaire, qui assimile cette démarche à de la « persécution politique » orchestrée par le pouvoir actuel, a, d’autre part, suggéré que l’ancien Président Lavalas, Jean-Bertrand Aristide, serait également visé par une convocation judiciaire concernant la même affaire.

Le parti de M. Aristide, Fanmi Lavalas, n’avait pas encore confirmé jeudi après-midi si l’ex-chef de l’Etat, revenu d’exil depuis mars 2011, avait reçu le mandat qu’aurait délivré le cabinet d’instruction.

Le régime du Président Michel Martelly est en train « d’instaurer un climat de peur en Haïti », a dénoncé John Joël Joseph qui, sur fond d’appel à la mobilisation de la population, estime que les poursuites judiciaires engagées actuellement contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier ne seraient qu’un alibi pour justifier l’offensive lancée contre MM. Préval et Aristide.

Considéré comme le plus célèbre journaliste haïtien, Jean Dominique, directeur de Radio Haïti Inter, avait été abattu par un commando le 3 avril 2000 en compagnie du gardien de la station, Jean-Claude Louissaint.

Au moment de sa mort, M. Dominique était également un proche conseiller du Président d’alors, René Préval.

 http://radiokiskeya.com/spip.php?article9454