Bienvenue au “cirque” de l’Unité

En rire, pour ne pas en pleurer…

Tous, ils prêchent l’Unité. Vœu ou refrain ?

Unité « Tèt Kale » sans « Tèt Ansanm »

M. Martelly appelle à l’Unité. Que c’est bien, que c’est extraordinaire ! Mais, c’est le même Martelly qui scande à tout bout de chant « sa k pa kontan anbake ! ». Comment favoriser l’Unité quand on ne se préoccupe pas de ceux qui ne sont pas d’accord ? Dans la même veine, le président proclame l’inutilité des partis politiques et de tout le secteur démocratique. A son avis, ils n’ont pas su faire mieux que Duvalier en 27 ans. Le chef de l’Etat soutient même être l’unique président à avoir, en 2 ans, réalisé beaucoup de choses en Haïti. A l’en croire, le bilan de ses prédécesseurs qu’il invite au débat est nul. Il prêche l’unité, mais il reconnait n’avoir pas eu de contact avec les présidents des 2 branches du parlement haïtien pendant plus de deux mois.

Comment concevoir l’unité sans la concertation ? Toutes les initiatives du gouvernement sont décidées unilatéralement. Lors des récents sommets caribéens à Port-au-Prince, même le secteur des affaires, censé être l’allié naturel du pouvoir en place, a été mis à l’écart.

Baby Doc : Unité dans l’impunité

En réponse à l’appel de Martelly, Jean Claude Duvalier a répondu qu’il était prêt à participer au « dialogue national ». Mais, voilà : Duvalier continue de ne pas réunir les conditions pour être fréquentable. Il n’a jusqu’à présent pas admis avoir perpétré des crimes de sang et des crimes économiques. De ce fait, comment demander à ses victimes de se renier en tant que telles en s’associant au jeu cynique qu’il propose. Le seul dialogue auquel peut bien participer l’ex-dictateur est celui qui le réunirait avec des gens de son acabit. Peut-être derrière les barreaux !

L’une des conditions du pardon est la reconnaissance de la faute par le contrevenant. La réconciliation est à ce prix. Il faut reconnaitre la vérité. Le contraire conduit irrémédiablement à la récidive. Et, chat échaudé craint l’eau froide.

Titid : Unité sans remise en question de Lavalas

L’ancien président Aristide n’a pas formellement prononcé le mot Unité. Par contre, il a affirmé qu’aucun parti ne pourra seul résoudre les problèmes du pays. Donc, lui aussi, il est favorable à une certaine forme d’unité. Or, voilà : au sein même de Lavalas, l’ancien chef de l’Etat tarde à réaliser l’Unité. Un congrès du parti est annoncé depuis fort longtemps. La grande manifestation du 8 mai en faveur du leader n’implique pas forcément que les fissures au sein de l’édifice Lavalas aient été complètement colmatées. On a vu, au cours des dernières élections, tous les courants dérivés du grand fleuve Lavalas : Veye yo, Ansanm Nou Fò, Lavni, Ayisyen pou Ayiti, pour ne citer que ceux-là. Et, quelle approche de Lavalas vis-à-vis des autres secteurs ? Lavalas (branche Aristide, car personne n’oserait refuser à Préval son étiquette Lavalas), n’a jamais encore dressé son bilan après avoir été renversé du pouvoir par deux fois. Encore moins, il n’a jamais encore tenté une autocritique et ne s’est pas engagé à définir une vision nouvelle susceptible de rassurer les uns et les autres. Tous les secteurs auxquels il pourrait s’associer craignent qu’ils ne lui servent de tremplin et que, comme au bon vieux temps, l’anarcho-populisme qui a fait tant de mal au pays se réinstalle, comme alternative au populisme rose et blanc.

Partis politiques : Unité versus division

Les partis de l’opposition se disent également en faveur de l’Unité. Du Cap aux Gonaïves, en passant par l’Arcahaie et Léogane, ils cherchent encore l’Unité. Mais, de quelle unité va-t-il s’agir ? S’oriente-t-on vers un nouveau groupe 57 ? Un nouveau groupe des 184 ? Un nouvel Espace de concertation ? Ces expériences de regroupement momentané, sans vision ni programme pour une alternative véritable, ont fait beaucoup plus de mal que de bien au pays. Il y a par ailleurs beaucoup de doute que l’Unité puisse sortir d’un secteur où les contentieux historiques n’ont pas été vidés : entre les dirigeants de ces partis politiques, il existe beaucoup d’inimitié. La méfiance réciproque caractérise leurs rapports. L’intérêt national y est secondaire par rapport aux objectifs de conquête du pouvoir.

La « nouvelle »gauche : unité versus leadership

La nouvelle gauche ou prétendue telle constituée, entre autres, par ACAO, Kontrapèpla, Kan Pèp, pour ne citer que ceux-là, parle aussi d’Unité. Mais, dans ce secteur également, les rivalités basées sur des facteurs non aisément identifiables, empêchent jusqu’à présent le rapprochement. En leur sein, il faut distinguer les purs et les moins purs. Genyen ki dòmi ak revolisyon an, ki kon n wonf li. Il y a ceux qui, parait-il, sont plus près du peuple que les autres. Sur le plan doctrinal et idéologique, il y en a qui seraient plus sincères et qui mériteraient, naturellement, d’assurer le leadership du mouvement.

Dans ce cirque de l’Unité, il n’existe en fait que le « blan » à être uni : les blancs ? Ils savent ce qu’ils veulent et où ils vont nos chers amis de la communauté internationale. Et, nos divisions font leur affaire ! La seule vraie unité dont on peut parler quant à présent du côté haïtien, est l’INITE de Préval. Mais, mon dieu, on sait bien qu’elle n’a pas été injustement désignée INIQUITÉ. Alors, l’Unité, la vraie, c’est pour quand ?

Marvel Dandin


http://radiokiskeya.com

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